‹ Le quatrième évangileChapitre 589 sur 857 · HOLTZMANN · texte numérisé non relu

HOLTZMANN

2. SciiANz, 435, et Knabenbauer, 383, discutent sérieusement, sauf à ne pas l'admettre, l'opinion des auteurs arméniens qui voient dans les Grecs les messagers d'Abgar d'Edesse. Ss. traduit le mot "EXXrjve; par « araméens », c'està-dire (( païens », conformément au sens; mais rien ne prouve que le traducteur ait pensé aux envoyés d'Abgar.

est sug-gérée tout aussitôt dans une allég-orie que l'évangéliste semble avoir tirée de saint Paul L'enseignement est solennel : « En vérité, en vérité je vous le dis, si le grain de froment tombé à terre, n'y meurt, il reste seul ; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit. » Ce dernier trait fait songer à la parabole du Semeur 2. L'ensemble ne constitue pas une comparaison proprement dite, dont l'application serait sous-entendue, car Jésus lui-même est le g-rain de blé qui fructifie par la mort, et l'on ne dit pas d'un grain de blé qui ne lève pas, qu'il reste seul, ni du grain qui lève, qu'il se donne de la compagnie. L'imag-e offre beaucoup d'analogie avec celle du pain de vie, où intervient également l'idée de la mort ^. Elle ne figure pas uniquement le dessein providentiel qui a donné Jésus aux Juifs par sa vie terrestre, et qui le donnera aux Gentils par sa mort, mais l'épanouissement, en Jésus glorifié, de la vie divine maintenant voilée par son humanité corruptible, épanouissement qui comporte et la spiritualisation de tout son être, et la communication de l'Esprit vivificateur à tous ceux qui croiront en lui.

Jésus, continuant, montre que la nécessité de sacrifier la vie présente pour atteindre la vie éternelle ne s'imposera pas qu'à lui, mais encore à ceux qui auront à poursuivre son ministère de salut auprès des nations. « Celui qui aime sa vie la perd, et celui qui hait sa vie en ce monde la g-ardera pour la vie éternelle ^. » Qui aime sa vie en tant que sensible et terrestre la perd éternellement ; qui hait sa vie en ce monde, en la dépensant au service de Dieu, de son Christ, de l'Evangile et des croyants, la gardera pour l'éternité. Pour les termes et pour le fond, cette pensée vient des Synoptiques s, et elle n'est pas modifiée autrement que par une conception un peu différente de la vie éternelle. « Si quelqu'un veut me servir, qu'il me suive ; et oii je suis, là aussi sera mon serviviteur ; si quelqu'un me sert, mon Père l'honorera. » Jésus parle

1. I Cor. XV, 36-37. Que cette comparaison du grain de blé soit empruntée aux mystères de Déméter (Holtzmann, 165), c'est peut-être une hypothèse risquée.

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