XIII
moi de cette heure? Mais c'est pour cela que je suis venu à cette heure. Père g-lorifîe ton nom M » Il s'agit moins d'une prière véritable que d'une réflexion sous forme de prière et destinée à Fédifîcation de l'auditoire, c'est-à-dire du lecteur Le Christ ne demande pas formellement d'être sauvé de la mort qui l'envahit, et la seconde demande qu'il exprime n'est pas une rétractation de la première. Celle-ci est évidemment subordonnée à la question posée d'abord : (( Que dirai-je? » Faut-il dire : « Père, sauve-moi de cette heure ? » Non, sans doute, puisque « c'est pour » subir (( cette heure que j'y suis venu », c'est pour mourir que je suis descendu du ciel. Une seule chose est à dire : « Père glorifie ton nom », par le moyen de cette mort inévitable. Le nom de Dieu est g-lorifîé dans la mort de Jésus, qui est la manifestation la plus complète de l'amour divin, la condition indispensable de la résurrection du Christ et du salut du monde.
On ne peut nier que l'évang-éliste s'inspire de la scène de Gethsémani dans les Synoptiques : il la transpose, l'interprète et la corrige. Certains commentateurs pour éviter une contradiction avec les premiers Evangiles, veulent que la demande : « Père, sauvemoi de cette heure », soit réelle. Mais il faut bien que l'incertitude de la question : « Que dirai-je ? » subsiste dans la demande qui vient ensuite et qu'on ne formule que pour la retirer aussitôt ; autrement l'incohérence du discours, la variabilité des sentiments prêtés au Christ seraient insupportables, et l'on contredirait par un autre côté les ^Synoptiques, où la prière est très nettement définie, mais conditionnelle ^. La forme conditionnelle disparaît ici, parce que le Christ johannique ne peut pas ignorer la volonté du Père ; elle est remplacée par la forme interrogative et par une considération hypothétique, où le doute ne porte pas sur l'objet du dessein j^rovidentiel, mais sur l'opportunité de la demande. Et la demande est tout de suite écartée comme contraire au dessein providentiel. La prière de Gethsémani est ainsi transformée en une sorte d'exercice logique qu'il convient d'apprécier au point de vue de la théologie, non à
4. y.al Tt etTtoi ; Tiarep, (joiaov [it Ix x^; wpaç xauTr]?. àXXà 8'.à touto y]XOov eî; ttjv copav xauxriv. Ttaxep, Sd^aadv aou xô ovo[xa.