Cf. VIII, 44; sup?\ p
l'entkée a Jérusalem et le triomphe a venir
son pouvoir par une juste sentence. Il n'est pas trop difficile de retrouver, au fond de ce passage, l'idée qu'exprime Ignace d'Antioche ^ : Satan ne savait pas ce qu'il faisait en procurant la mort de Jésus ; il croyait affermir son pouvoir, et il l'a détruit pour jamais ; il ne devait pas toucher au Juste ; il n'a pas été seulement vaincu, il a mérité d'être condamné. Plusieurs témoins lisent : « Le prince de ce monde va être jeté en bas ^ », et cette leçon a quelque probabilité^. Il j aurait antithèse entre Satan jeté en bas et le Christ élevé en haut.
A la ruine du démon s'oppose en effet l'exaltation du Christ, « Et moi, quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai tous » les hommes « à moi ^ ». Satan est chassé du monde où s'exerçait sa funeste puissance, parce que les âmes lui échappent, quoi qu'il fasse pour les retenir; l'annonce de sa ruine vient bien après la mention des Grecs qui figurent la conversion des Gentils; Satan était le roi du monde païen, et ce monde va lui être enlevé. Peutêtre aussi envisage-t-on sa défaite finale, au jugement dernier, comme conséquence de la mort du Sauveur ; tous les élus seront soustraits aux prises de l'erreur et du mal. Le Christ gagne ce que perd le démon ; « élevé de terre », il attirera à lui, non pas tous les hommes sans exception, mais tous les enfants de Dieu, tous ceux que le Père attire lui-même et qu'il donne au Fils.
Quand même Jean ne le ferait pas remarquer, il faudrait attribuer un double sens à ce que Jésus dit de son exaltation. On retrouve là une de ces formules symboliques, chères à l'auteur, qui seraient pour nous des propos équivoques ; qui sont censées avoir été occasion de méprise pour les auditeurs du Christ, et qu'il faut interpréter selon leur double signification, réelle et mystique, pour en épuiser le contenu. « Jésus a dit cela pour indiquer de quelle mort il devait mourir. » Gardons-nous de penser que l'auteur ait
\ . Eph. XIX.
2. pX7]0Tja£Ta[ xatw. Ss. Mss. lat., Épiphane," Chrysostome (cf. Rescii, IV,