‹ Le quatrième évangileChapitre 595 sur 857 · Cf. Luc, X, 18; Ap. xii · texte numérisé non relu

Cf. Luc, X, 18; Ap. xii

4. V. 32. xàyto iàv u(];w6to èx TfjÇ ifjç, Tiavraç IXx'jat» Ttpoç: ÈjjLauTov. La leçon ^avia (nD lat. Vg.) est moins bonne, car il ne s'agit pas ici delà domination duCbrist sur toute créature, les hommes seuls étant susceptibles d'être <( tirés » par le Père (VI, 44).

fait une application détournée ^ de la parole prononcée par le Sauveur; puisqu'il veut bien lui-même révéler sa méthode que les interprètes tâchent de l'entendre. Le sens littéral du texte présente Jésus élevé en croix et g^agnant par sa mort tous ceux que le Père lui destine. Mais cette élévation sur la croix, où le monde n'a vu qu'une mort ignominieuse, figure l'exaltation du Christ dans les cieux, où ses élus doivent avoir part à sa gloire. Ainsi les deux sens se lient étroitement l'un à l'autre, ils s'accusent tous les deux dans le discours, l'un étant le symbole, réel et vrai, de l'autre. L'évangéliste insiste sur le premier, parce que le lecteur pourrait ne songer qu'au second. La prophétie devient ainsi plus précise et la sig-nification de la mort du Christ dans l'économie du salut est mieux indiquée.

Mais le peuple ne comprend pas, et si ces paroles énigmatiques avaient été prononcées en effet, il ne pouvait faire autrement que de ne pas comprendre. 11 s'arrête à l'idée vague d'enlèvement, de disparition, qui lui paraît incompatible avec les textes prophétiques qui assurent au Messie une royauté permanente -^. Qu'est-ce que ce Fils de l'homme qui doit être élevé ? Les Juifs entendent par Fils de l'homme le Messie et ils appliquent le titre à Jésus, tout en se moquant de lui : il est écrit que le Messie reste, mais Jésus est un Messie qui s'en va. On doit observer qu'ils ne se réfèrent pas seulement aux dernières paroles du Christ, mais encore à d'autres passages de l'Evangile^, ce qui serait inconcevable dans une conversation réelle. Il serait contraire à l'esprit du récit de supposer que les Juifs entendent par l'élévation de Jésus sa mort ou sa gloire ; leur réflexion ne s'applique ni à l'une ni à l'autre.

Comme il arrive d'ordinaire, Jésus s'abstient de répondre à leur difficulté. Il la grossit plutôt en insistant sur l'imminence de son départ e La lumière, c'ést-à-dire lui-même, est encore parmi eux pour très peu de temps : qu'ils en profitent, sinon ils seront surpris par les ténèbres, et ils s'y perdront. Pendant qu'ils ont la lumière, qu'ils y croient, afin d'être « enfants de lumière ^ » et sauvés en

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