‹ Le quatrième évangileChapitre 597 sur 857 · Interprétation de J; Réville · texte numérisé non relu

Interprétation de J; Réville

LES JUIFS ET LE CHRIST

qui le bras du Seigneur a-t-il été révélé? » 39. C'est pourquoi ils ne pouvaient pas croire, parce qu'Isaïe a dit encore : 40. « Il a aveuglé leurs yeux et endurci leur cœur, de peur qu'ils ne voient avec les yeux et ne comprennent avec le cœur, qu'ils ne se convertissent, et que je ne les guérisse. » 41. Isaïe a dit cela, parce qu'il a vu sa gloire et qu'il a parlé de lui. 42. Cependant beaucoup, même parmi les magistrats, crurent en lui, mais, à cause des pharisiens, ils ne l'avouaient pas, de peur d'être exclus de la synagogue ; 43. car ils aimaient mieux la gloire (qui vient) des hommes que celle (qui vient) de Dieu.

« Bien qu'il eût fait tant de miracles en leur présence, ils ne croyaient pas en lui. » Les Juifs dont il est question sont les Juifs censés présents à Jérusalem, c'est-à-dire la nation juive représentée par le sanhédrin, les habitants de la capitale, les pèlerins venus pour la fête. On ne peut pas dire que le Messie ne s'est pas fait connaître au peuple juif. Et d'autre part, il est incontestable que le Messie n'a pas été reconnu. Le judaïsme contemporain de Jésus n'a pas voulu voir en lui le Christ promis ; le judaïsme contemporain de révangéliste, après les épreuves que la nation a traversées, subsiste tout entier, rejetant le christianisme, comme si la secte sortie de lui ne lui avait fait aucun tort. Gela devait être. Isaïe ^ l'avait prédit, quand il a écrit : « Seigneur, qui a cru à notre message -, et à qui le bras du Seigneur a-t-il été révélé ? )> Dans l'hébreu, « notre message » signifie le message reçu par le prophète, et celui-ci parle d'une chose incroyable, que les hommes de foi seuls accepteront comme vraie, tant elle semble extraordinaire. Saint Paul '\ qui a cité ce passage avant Jean, a entendu par « notre message » le « message qui vient de nous », le témoignage apostolique. Dans notre texte, un autre sens est encore possible : « le message qui a rapport à nous ^ », et ce serait la prédication évangélique ellemême, considérée comme révélation du Père dans le Fils. Ce dernier sens est d'autant plus probable que « le bras du Seigneur » désigne certainement ici les miracles du Christ, œuvre de puissance divine. La révélation de la vérité divine par l'enseignement de Jésus serait indiquée dans le premier membre, et celle de la puissance dans le second. Isaïe parlerait au nom du Messie, et le mot « nous »

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