‹ Le quatrième évangileChapitre 598 sur 857 · ScHANz · texte numérisé non relu

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désignerait le Père et le Fils comme objet de la révélation; ou bien, si l'on veut que « notre message » soit « le message transmis par nous », Jésus s'associerait les apôtres. Voilà donc la raison pourquoi les Juifs n'ont pas cru : c'était écrit. Leur incrédulité est l'effet d'une sorte de nécessité providentielle, et il ne s'agit pas d'une simple impossibilité morale. Si l'on veut, après cela, une raison de cette raison ^, le même prophète Isaïe l'a donnée dans un autre endroit 2. Cette fois la citation est suggérée par les Synoptiques Mais tandis que ceux-ci s'en servent pour expliquer l'insuccès de la prédication galiléenne, Jean l'a gardée pour la conclusion du ministère judéen, qui est pour lui plus important.

Les transformations de ce texte dlsaïe sont curieuses à observer. Dans l'hébreu, c'est le prophète qui reçoit l'ordre d'amener par sa prédication l'endurcissement du peuple; mais déjà les Septante, et après eux les Synoptiques, donnent une forme impersonnelle aux impératifs de l'original, en sorte que le fait de l'endurcissement est seulement énoncé, l'intention de le procurer étant réservée à Dieu. Dans le quatrième Evangile, le fait reste, mais le verbe qui l'exprime a un sujet personnel : a II sl aveuglé leurs yeux et endurci leur cœur ^. » L'immense majorité des commentateurs anciens et modernes pensent que ce sujet sous-entendu est Dieu. Dieu aurait aveuglé et endurci les Juifs, de peur que Jésus ne les sauvât. Aucun autre sujet n'est indiqué par le contexte. Cependant l'idée n'est pas très johannique : l'aveuglement spirituel des Juifs est une œuvre de « ténèbres «qui n'a guère pu être attribuée directement au Père. Saint Cyrille ^ dit que le sujet sous-entendu est le diable, et que, supposé que ce fût Dieu, le diable ne laisserait pas d'être l'auteur

1. V. 39.8ià TOUTO oùx rjSûvavTo ;:taT£U£iv, on :raXiv sItzev 'Haacaç. Beaucoup d'interprètes entendent : « Ils ne pouvaient pas croire pour cette raison que dit encore Isaïe. » Mais, dans la langue johannique, Bià toùto se rapporte ordinairement à ce qui précède ; oxt introduit une explication du motif allégué ; l'enchaînement des idées est interrompu si l'on rapporte 8tà touto à ce qui suit. Cf. B. Weiss, 447.

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