Cf. HOLTZMANN, loC. cU
INTRODUCTION
des récits, comme explication de leur sens profond. Les discours euxmêmes sont des symboles, des figures de la vérité invisible; ils ne contiennent pas une doctrine simple, qui se développe naturellement dans les termes les plus propres à la faire entendre, mais ils sont constitués par une série d'images ou d'allégories qui font tableau, tout comme les récits, qui ont, comme eux, un sens plus profond et spirituel, caché sous les apparences d'une vérité commune. Les uns et les autres sont des signes \ c'est-à-dire des preuves du Christ, non des arguments ordinaires, mais des arguments qui expliquent et révèlent ce qu'ils démontrent, qui ne tiendraient pas toujours comme raisonnement, et qui sont solides comme assertion d'une réalité perçue par la foi.
A proprement parler, les œuvres du Christ, ses miracles, sont les signes, et les discours s'y rattachent de la même façon qu'un commentaire au texte qu'il explique -. C'est pourquoi l'évangéliste parle comme si son livre ne contenait qu'un choix de signes ^, bien que les discours y tiennent plus de place que les récits. En tant que signes miraculeux, les œuvres du Chrisl prouvent la légitimité de sa mission; en tant que signes révélateurs, ces œuvres sensibles de Jésus représentent les œuvres invisibles de Dieu. Comme preuve de l'incarnation, ils n'ont pas besn^i^ d'être réitérés, et comme instruction symbolique, ils demeurent, l'action du Christ, figurée dans les signes, étant la preuve perpétuelle de sa divinité. Ainsi l'Evangile johannique est constitué, comme le Christ, par un esprit divin sous un extérieur humain; et c'est l'esprit intérieur qu'il faut chercher, auquel on doit croire sous le symbole. Comme le Christ johannique est une sorte d'allégorie vivante, tout ce qu'il a dit et fait sur la terre participe avec lui de l'esprit et de la chair.
Dans cette simple constatation, l'on tient la clef du problème johannique. Ceux qui l'ont déjà faite n'en comprennent peut-être pas toute la portée, lorsqu'ils essaient de tracer dans le quatrième h]vangile la part de la doctrine, celle de la tradition historique et celle du symbolisme. Il ne s'agit pas, en efîet, de trois éléments juxtaposés : le principe symbolique et la théologie de l'incarnation dominent tout le reste; la tradition fournit à l'auteur des données qu'il utilise comme symboles, en modifiant plus ou moins, et parfois très considérablement, leur forme ; il y voit avant tout des images significatives, quelques distinctions que nous soyons tentés d'y introduire au point de vue de l'histoire, qui n'est pas le sien; et d'autre part, toutes les vérités doctrinales se présentent sous forme d'allégorie, en sorte que l'Evangile tout entier, au lieu d'apparaître comme une œuvre