T£. D etc. mss. lat. Vg
Verbe (( l'image du Dieu invisible ^ », et dans le Verbe le Christ '\ Ce que l'Ecriture appelle « la gloire de lahvé ^ » était la vie et la lumière du Christ préexistant^.
Pour qu'on n'abuse pas de la concession qu'il vient de faire, l'évangéliste la retire à moitié, en disant que beaucoup de Juifs, et des plus considérables, membres du sanhédrin, tels que Nicodème et Joseph d'Arimathie, croyaient en Jésus, mais n'osaient pas faire profession ouverte de leur foi, parce qu'ils tenaient à l'honneur de leur situation et ne voulaient pas être exclus de la communauté. On a déjà vu que l'exclusion de la synagogue n'a été prononcée contre les fidèles de Jésus qu'après la fondation du christianisme ^\ Comme le sanhédrin ne comptait que soixante-dix membres, le chiffre des amis du Christ ne peut pas y avoir été fort élevé. Mais l'auteur, dont la perspective embrasse les origines de l'Eglise en même temps que le ministère hiérosolyrnitain, prend souci de dire qu'il y aurait eu beaucoup de conversions, même parmi les chefs de la nation, si la majorité pharisaïque du sanhédrin n'avait réussi à exercer sur ceux-ci et sur tout le peuple une sorte de terreur qui arrêta les bonnes volontés. Que l'on ait voulu diriger la pensée du lecteur vers Nicodème et Joseph d'Arimathie, rien n'est plus vraisemblable. Mais il n'y a pas lieu d'en conclure que ces personnages seraient arrivés bientôt à une foi plus complète La démarche de Joseph auprès de Pilate, pour obtenir le corps de Jésus, est présentée dans les Synoptiques comme un acte de courage 8; il n'en est pas de même chez Jean, où il est dit expressément, à propos de cette démarche, que Joseph était un disciple « caché, par crainte des Juifs » Nicodème lui est assimilé. Le soin qu'ils ont eu d'ensevelir Jésus ne les transforme pas en disciples parfaits, et ce n'est pas sans cause qu'ils sont les agents de la sépulture, non les témoins de la résurrection. Ainsi les Juifs haut placés, que leur conscience invitait à accepter l'Evangile,