XIX
LES JUIFS ET LE CUHIST
(' préférèrent la considération des hommes k la g-loire qui vient de Dieu 1 », sacrifiant celle-ci à celle-là. C'est contre l'incrédulité fanatique des uns et la foi timide des autres que Jésus proteste une dernière fois.
xn. 44. Et Jésus cria et dit : « Celui qui croit en moi ne croit pas en moi, mais en celui qui m 'a envoyé ; 45. et celui qui me voit voit celui qui m'a envoyé. 46. Je suis venu (comme) lumière dans le monde, afin que quiconque croit en moi ne reste pas dans les ténèbres. 47. Et si quelqu'un entend mes paroles et ne les garde pas, ce n'est pas moi qui le jug-e ; car je ne suis pas venu pour juger le monde, mais pour sauver le monde. 48. Celui qui me rejette et n'accepte pas mes paroles, a qui le juge : c'est la parole que j'ai dite qui le jug^era au dernier jour; 49. parce que je n'ai point parlé de moi-même, mais le Père qui m'a envoyé m'a donné (par) ordre ce que j'avais à dire et à prêcher. 50. Et je sais que son ordre est vie éternelle. Donc ce que je prêche, selon ce que m'a dit le Père, ainsi je le prêche. »
L'adjonction de ce discours, qui ne tient à rien dans le récit, révèle assez clairement la méthode générale de Fauteur. Jésus a disparu, et son ministère auprès des Juifs ^est terminé ; il leur parle néanmoins encore, parce que Jean trouve bon de reproduire, par manière de conclusion pour cette partie de son livre, les principales thèses qui ont été développées dans les discours antérieurs. La formule d'introduction : « Jésus cria et dit- », conviendrait à un discours réel, et, dans la pensée de l'auteur, ce discours n'est ni plus ni moins réel que les autres; il est moins bien amené, et en cela seulement consiste la différence. Un tel procédé ne se comprendrait pas dans un livre historique, puisqu'il impliquerait une contradiction et une obscurité voulues ; ce n'est, dans le quatrième Evang-ile, qu'un léger défaut de la composition littéraire, qui aurait pu être évité sans peine, puisqu'il aurait suffi d'insérer le discours avant de signaler la disparition de Jésus. Si cet expédient facile a été négligé, c'est parce que, nonobstant l'incohérence du récit, l'effet du discours en est augmenté, le dernier réquisitoire du Christ contre le judaïsme demeurant pour ainsi dire suspendu au-dessus d'Israël comme ,une leçon et une menace permanentes. Il a été remarqué déjà, en bien