XXII
o. ayaTTTTjaaç Touq lOcouç touç h tm xoaa(o, £t; téXo? r^yoLT:r^1cV auTOuç.
A, LoiSY. — Le quatrième Évangile. 45
est pas visée directement, puisqu'elle a lieu le jour et non la veille de la fête; mais on ne peut pas dire qu'elle soit exclue de la perspective, non plus que l'eucharistie ^, attendu que tout ce qui va être raconté tend à montrer la véritable signification de cette mort et à en recommander, dans le mystère de l'agape sacramentelle, le souvenir et l'imitation.
Ce qui vient ensuite est l'introduction particulière au récit du lavement des pieds. « Un repas avait lieu. » Sur ce repas, aucun détail. Ce ne peut être le festin pascal, puisque la Pâque n'est mangée que le lendemain Le silence de l'évangéliste doit accuser l'intention de ne pas contredire ouvertement les Synoptiques. Il en est de même pour la formule : « Avant la Pâque », où il y a un peu de vague, au moins pour l'apparence. L'auteur n'avait presque rien à dire du repas, ayant traité de l'eucharistie dans le chapitre vi, et retardé la Pâque au jour de la passion. Des matériaux de la tradition synoptique il ne lui reste que la trahison de Judas et l'annonce du reniement de Pierre. Le lavement des pieds sert à combler un vide, et n'y suffirait pas si l'on ne tenait compte du sens que le narrateur y a voulu mettre. Peut-être n'est-ce pas uniquement pour avoir déjà parlé tout au long de l'eucharistie que Jean s'abstient d'en raconter l'institution. Le récit traditionnel était trop intimement lié au festin pascal pour qu'il pût l'utiliser, à moins de le modifier gravement, ce qu'il ne pouvait faire sans de sérieux inconvénients, étant donnée la fermeté de la tradition, et ce que sans doute il n'aurait pas voulu faire, parce que son symbolisme n'est aucunement destiné à battre en brèche l'histoire évangélique. A quoi l'on peut ajouter, comme il a déjà été dit 3, qu'il traite l'eucharistie en mystère. Les prières eucharistiques de la Didaché ^, qui offrent tant de ressemblance avec le quatrième Evangile, et qui ne sont guère moins anciennes, si elles ne le sont pas davantage, ne font pas non plus allusion à la cène du Christ, mais seulement à la signification du pain et du vin. Ou peut constater que les chapitres xiu-xvii sont remplis aussi, à leur manière, du symbolisme eucharistique, et que l'auteur du quatrième Evangile s'accorde, au fond, avec les Synop-