‹ Le quatrième évangileChapitre 615 sur 857 · X, 17-18; supr. pp · texte numérisé non relu

X, 17-18; supr. pp

5. C'est peut-être pour ce motif que Jean parle des vêtements que Jésus quitte, sans dire expressément qu'il garde sa tunique. Origène (Brooke, II, 155) entre assez bien dans Fesprit de révangéliste en supposant que Jésus laisse tous ses -habits et prend le linge pour n'être pas entièrement nu; mais «on symbolisme est trop abstrait. Les vêtements du Christ seraient la forme <le son enseignement : tojtov Be (xoaijLov) sv xivt u^aorij-ati XiÇewv 7:pô; Xé^st; xai cpcovwv zpô; (pfi)vàç a'jv£'JTr)-/.OTa àTcoTiOsiai, xal YU[j.voT£poç [XEià 8ou)r/.ou ayTjfxaTOç... ^i^zt:cl\..

LE GRAND EXEMPLE

naturelle, tout en en prenant une autre, que Ton fera ressortir davantage, parce qu elle appartient spécialement au lavement des pieds et qu'elle avait besoin d'être nettement formulée pour être comprise : l'eau représente ici la nourriture spirituelle de l'eucharistie, le sacrement qui restaure la vie chrétienne et qui achève chaque jour, dans le fidèle, la purification effectuée par le baptême.

Jésus vient à Simon-Pierre. On ne saurait dire s'il vient à lui d'abord. Si Ton traduit : « Et il commença à laver les pieds de ses disciples et à les essuyer avec le linge dont il était ceint ; il vint donc à Simon-Pierre ^ », il paraît impossible que Pierre soit au commencement de la série. Les interprètes protestants adoptent généralement ce sens, mais ]3eut-être craignent-ils un peu trop que Pierre n'ait été le premier lavé. Parmi les anciens, Origène et Chrysostome ont supposé, fort gratuitement, que Judas était au commencement de la série ; d'après Origène, Pierre aurait été à la fin. La suite du récit laisse plutôt entendre que Pierre n'était pas le dernier, et Ton peut croire que, si l'évangéliste avait songé à Judas comme premier, ou au disciple bien-aimé, il n'aurait psLS manqué de le dire. Les commentateurs catholiques, depuis saint Augustin, admettent généralement que Pierre était le premier. Sa résistance est moins facile à expliquer si d'autres ont laissé faire Jésus, et ses paroles, bien loin de donner à entendre qu'il ne permettra pas ce que d'autres ont permis, feraient plutôt supposer que ses sentiments doivent être ceux de tous. On peut fort bien traduire : « Et » ces préparatifs étant terminés^ ^< il entreprit - de laver les pieds de ses disciples ; il vint donc », pour commencer, « à Simon-Pierre ». Quoi qu'il en soit, la résistance du prince des apôtres est le seul trait à noter du côté des disciples. Pierre ne veut pas que Jésus s'abaisse à lui rendre un tel office : c'est qu'il n'en comprend pas la signification ni la portée. 11 proteste d'abord par un cri de surprise : « Seigneur, tu me laves les pieds ! » Et le Sauveur de lui répondre : « Tu ne sais pas à présent ce que je fais, mais tu le comprendras après ^. » Parole à double entente^ comme il convient en ce cas mystérieux : Pierre ne sait pas pourquoi Jésus veut

1. V. 5. xai 7]'p^aT0 vi:rTStv xoùç 7îo8ai; xwv [j.aOr)T(ov... ïpyexat ouv TTpo; S-'iJLwva nérpov.

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