‹ Le quatrième évangileChapitre 616 sur 857 · Cf. Matth. XII, 1 ; xxiv, 49, etc · texte numérisé non relu

Cf. Matth. XII, 1 ; xxiv, 49, etc

3. V. 7. 0 èyw Tiotto au oûx otôa; apxc, yvwar) Bè [xexà xauxa.

lui laver les pieds, il le saura tout à l'heure, quand Jésus le lui aura expliqué ; Pierre ne comprend pas le sens profond de cet acte, il ne comprendra que plus tard, après la résurrection, le bienfait de la croix, le sacrement de Teucharistie. Sans tenir compte de cet avertissement, Pierre proteste de plus belle : « Tu ne me laveras pas les pieds, jamais ! »

Faut-il attribuer à Pierre un sentiment d'orgueil et un excès de volonté propre^? En apparence, il ne fait preuve que d'humilité obstinée, non réglée par les lumières de la vraie foi. Mais son entêtement serait peu vraisemblable, étant trop exagéré, si l'on n'avait égard au symbolisme du récit. La simplicité des rapports qui existaient entre le Sauveur et ses disciples donne à penser que Jésus leur a rendu, en plus d'une occasion, des services très humbles, qui ne les ont aucunement scandalisés. Le service dont il s'agit présentement est le service de sa mort, annoncée et figurée dans l'eucharistie, et le discours de Pierr^ est l'équivalent de celui qu'il tient dans les Synoptiques, lorsque Jésus prédit sa passion pour la première fois : (( A Dieu ne plaise. Seigneur ! cela ne t'arrivera pas 2. »

La seconde réponse de Jésus n'est pareillement intelligible que si Ton s'élève de la circonstance figurative à la vérité figurée. (( Si je ne te lave pas, tu n'as rien de commun avec moi ! » Ainsi Pierre sera damné si Jésus ne lui lave pas les pieds ! On peut dire qu'il y a menace personnelle, réclamation d'obéissance : la menace est inconcevable, et l'exigence tyrannique, s'il ne s'agit que du fait matériel; jamais le Christ historique n'a fait dépendre, même hypothétiquement, d'une condition semblable le salut d'une seule âme. On peut dire aussi que, Jésus étant venu pour servir, il faut se laisser servir par lui pour être admis en sa société ^ : il est clair que le service véritable que l'on doit recevoir du Sauveur ne consiste pas dans un bain de pieds. L'évangéliste a eu soin d'écrire : « Si je ne te lave pas », sans ajouter : « les pieds », pour laisser une ouverture plus facile à l'interprétation allégorique. Il ne

1. B. Weiss, 456. Le rapport avec Jean-Baptiste refusant de baptiser Jésus (Matth. III, 14),. relevé par Holtzmann, loc. cit., est assez éloigné.

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