‹ Le quatrième évangileChapitre 619 sur 857 · HOLTZMANN · texte numérisé non relu

HOLTZMANN

3. Baldensperger, 62-63, admet rinterpolatioii et suppose qu'elle a été pratiquée en vue du v. 14 : « Vous devez vous laver mutuellement les pieds. » Cet auteur soutient que les paroles : « Celui qui est baigné n'a pas besoin d'être lavé », se rapportent à la purification du chrétien par le sang de Jésus. C'est cette purification qui serait signifiée j^ar le lavement des pieds, et qui ne devrait pas être réitérée. Mais il ne peut pas être question du lavement des pieds, et l'on ne voit pas comment, dans cette hypothèse, la réponse du Sauveur se rattacherait à la demande de Pierre, ni comment Jésus pourrait déclarer que ses disciples sont purs, quand leurs pieds ne sont ])as encore lavés. L'évangéliste peut viser indirectement, en cet endroit, les ablutions réitérées des sectateurs de Jean, ou bien celles des Juifs objectant qu'un seul baptême ne saurait purifier l'homme pour toujours.

qu'il apprenne lui-même à servir, à se donner à l'œuvre de Jésus.

L'idée de purification est tout à fait accessoire dans le sym- . bole du lavement des pieds; elle n'y est que par la connexion, plus artificielle et apparente que réelle, de ce symbole avec celui du bain baptismal. La signification propre du lavement des pieds est celle de l'eucharistie, de la vie sacrifiée par amour, de la charité servante jusqu'à la mort. C'est le choix défectueux du symbole qui en rend l'intellig-ence difficile, et cet inconvénient se fera sentir jusqu'au bout. Jésus va présenter le lavement des pieds comme un exemple indispensable à suivre ; mais cet exemple n'a la valeur extraordinaire dont on le gratifie, que s'il représente autre chose que ce qu'il est, s'il faut y voir l'image du grand service de charité qui a son point culminant dans la mort du Sauveur et sa commémoration perpétuelle dans la cène eucharistique^. Pour signifier la nécessité générale de la pureté rien ne serait plus froid, et la leçon n'aurait pas de rapport avec la situation.

La réflexion concernant Judas, celui des apôtres qui n'est pas pur, a pour objet de maintenir la perspective de trahison, de ténèbres et de mort, qui enveloppe le dernier repas du Christ avec les siens ; et c'est aussi une occasion dont l'évangéliste a profité pour rappeler que Jésus n'ignorait rien de ce qui devait lui arriver. Il ne faut pas chercher d'autre signification à cette remarque : Judas n'est pas pur ; le lavement des pieds, c'est-à-dire l'eucharistie, ne devrait pas être pour lui ; il a pourtant reçu de Jésus le même service que les autres disciples ; mais on ne relèvera que plus loin les conséquences de son indignité.

XIII, 12. Lors donc qu'il leur eut lavé les pieds, qu'il eut repris ses vêtements, et qu'il se fut remis à table, il leur dit : « Comprenez-vous ce que je vous ai fait? 13, Vous m'appelez Maître et Seigneur, et vous avez raison, car je (le) suis. 14. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous devez, vous aussi, vous laver les pieds les uns aux autres. 15. Car c'est un exemple que je vous ai donné, afin que, selon que je vous ai fait, vous fassiez aussi vous-mêmes. 16. En vérité, en vérité je vous (le) dis, un serviteur n'est pas plus grand que son seigneur, ni un envoyé plus grand que celui qui l'envoie. 17. Si vous savez ces

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