Cf. XII, 27. Cf. supr. p
témoigne^ » de sa science surnaturelle en dévoilant un projet qui n'est censé connu que de Judas seul et du diable son inspirateur. Par là il mettra le traître en mouvement et décidera de sa propre destinée. Le texte ne laisse pas soupçonner d'autre cause à l'émotion de Jésus que celle qui est indiquée dans la déclaration : « L'un de vous me livrera. » Cette déclaration a été habilement préparée, le Sauveur ayant commencé par dire : « Vous n'êtes pas tous purs 2 », puis ayant donné plus de précision à sa pensée : « Celui qui mangue mon pain a levé le talon contre moi », avant d'en venir à la dénonciation formelle.
Les anciens commentateurs admettaient volontiers que la dénonciation avait précédé l'institution eucharistique, et que Judas avait communié sacrilègement ^. Beaucoup de modernes ^, pour des raiv sons de sentiment ou de convenances théolog-iques, ont voulu que Judas fût parti avant la lin du repas. Mais ni les Synoptiques, ni le quatrième Evangile n'autorisent cette opinion. Dans les Synoptiques ^, il n'est pas question du départ du Judas, et le traître paraît s'éloigner seulement quand Jésus quitte la salle où il a mangé la Pâque, pour se rendre à Gethsémani. Chez Jean, le repas se termine quand Judas sort, et le mémorial eucharistique, représenté par le lavement des pieds, a été institué ; le morceau donné au traître s'y rattache probablement; Judas n'assiste pas aux instructions et à Faction de grâce complémentaires de la cène, mais il a pris part à celle-ci, et le symbolisme de la narration s'arrangerait mal d'une autre combinaison.
« Les disciples se regardaient les uns les autres, ne sachant de qui parlait » Jésus. Dans les deux premiers Évangiles^, tous interrogent le Maître, et Judas comme les autres, en disant : « Est-ce moi ? » Dans Luc ^, les disciples s'interrogent entre eux. Gomme eïk d'autres cas, Jean individualise la donnée synoptique, et un
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