‹ Le quatrième évangileChapitre 629 sur 857 · Edersheim, ap. Sciianz, loc. cit · texte numérisé non relu

Edersheim, ap. Sciianz, loc. cit

LE TRAITRE

et entendu de plusieurs autres. On aurait tort de chercher plus loin que les indications données par l'évang-éliste, comme si ces indications étaient le commencement d'une description réelle qui pourrait être complétée par induction ; le tableau ne comporte que des traits significatifs, et il ne faut pas en ajouter d'autres qui n'auraient pas de sens.

Pierre fait un signe au disciple préféré, en lui disant tout bas : « Dis, qui est celui dont il parle ^ ? » Telle est la leçon des manuscrits -jugés les meilleurs par les critiques, et on l'interprète comme si Pierre supposait chez le disciple la connaissance du traître ou s'il faisait semblant de la supposer pour exciter le disciple à questionner Jésus Hypothèses subtiles et peu conformes aux procédés ordinaires de la psychologie et du style johanniques. D'autres témoins ^ lisent simplement : « Et il lui fit signe de demander de qui il (Jésus) parlait *\ » Le sens est beaucoup plus naturel, si le texte est moins bon. Mais rien n'empêche de retrouver le même sens dans l'autre leçon, « Dis, qui est-ce qu'il veut dire », pouvant très bien signifier : a Demande(-lui) de qui il veut parler La mimique dont les paroles de Pierre sont accompagnées s'accorde mieux avec cette interprétation, car on ne voit pas pourquoi Pierre, tout en parlant, ferait signe au disciple de lui donner réponse ; il demande au disciple, par signe et parole, d'interroger le Sauveur. Tous les deux sont donc sûrs l'un de l'autre, et ils savent que le soupçon concerner doit un tiers. Rnsemble ils représentent, et on le verra mieux encore dans la suite, la totalité des croyants, ceux du judaïsme et ceux de la gentilité. C'est pourquoi on laisse un peu dans l'ombre les autres disciples, le groupe des apôtres galiléens étant comme personnifié dans son chef. Pierre a eu recours au disciple bien-aimé parce que celui-ci était à même de parler à Jésus sans être entendu des autres convives. Le disciple « s'incline » en se retournant « vers le sein de Jésus » et il pose la question demandée : « Seigneur, qui

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