Ewald, etc
î>. Cf. B. Wkiss, 472.
LE PARACLET
ne laisse pas d'être avant tout la parousie, et ce retour est censé ne devoir pas beaucoup tarder. Jésus parle comme s'il denait revenir avant la mort de ses disciples; d'où il faut conclure que Jean maintient encore, quoique sans beaucoup de rigueur, la perspective de la fin du monde à la limite de la génération présente. Mais il ne conçoit pas le retour du Christ comme un fait isolé au terme de l'histoire humaine. Il expliquera plus loin et il sousentend ici le retour spirituel qui est la condition préalable de la réunion des disciples au Christ glorieux. Non seulement la mort des disciples les réunit au Sauveur avant la parousie ^, quoique cette réunion entre sans peine dans la perspective du grand avènement, et que, pour cette raison même, l'attention de l'auteur ne semble pas s'y arrêter spécialement; mais il s'opère, dans chaque âme croyante, un retour de Jésus sur la terre, qui introduit par anticipation les fidèles dans le bonheur du ciel.
Toutes ces idées sont connexes, on le verra dans la suite du discours; tantôt c'est la réunion finale dans la gloire qui est au premier plan, et tantôt c'est l'union spirituelle en ce monde, gage de la réunion éternelle. Le tout, dans la pensée de Févangéliste, ne fait qu'une seule et même vie surnaturelle, harmonieusement équilibrée dans ses phases successives, et dont la condition essentielle est l'union à Dieu par le Christ dans l'Esprit. Pour n'être pas exprimée directement dans les paroles où Jésus annonce son retour, l'union spirituelle n'en est pas écartée, et, vu le caractère symbolique du quatrième Evangile, on peut dire qu'elle y est figurée. Cette circonstance, autant que la proximité supposée de la parousie, explique pourquoi Jésus parle de son retour et de la réunion des siens avec lui comme de faits appartenant à l'avenir immédiat. On n'imagine pas un commentaire plus spirituel de la parole du Christ synoptique : « Quand je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée »
Pour le moment, l'attention se porte sur le dernier terme de cet avenir, la gloire céleste. C'est pourquoi Jésus ajoute à cette pre-
J. HOLTZMANN, 181.
2. Marc, xiv, 28. Ce n'est pas raison pour supposer à l'origine de la tradition évangélique un mot équivoque, traduit, d'un côté par « Galilée », de l'autre par « place » (Hypothèse de E. A. Abbott, E. B. II, 1770).
LE QUATUIÈME ÉVANGILE
mière consolation la remarque : « Vous savez bien le chemin du lieu où je vais ^ » Mais le but ne fait pas oublier le chemin qui y conduit, et la connaissance du chemin n'importe pas moins que celle du but. On ne peut pas dire que la remarque de Jésus s'applique à celui-ci en excluant celui-là L'objection de Thomas fait bien voir qu'il s'ag"it de l'un et de l'autre, le chemin étant subordonné au but du voyag-e. Il semble, d'ailleurs, que le mot « chemin » change de sens au cours de l'entretien. Quand Jésus dit à ses disciples : « Vous savez le chemin qui conduit où je vais », il ne se présente pas encore lui-même comme le chemin, ne pouvant être à lui-même sa propre voie. Ce chemin de Jésus n'est pas seulement la passion, mais plutôt la volonté du Père et l'esprit de charité parfaite qui a gouverné toute la conduite du Verbe incarné ; pour les disciples ce sera l'imitation du Sauveur, et comme cette imitation de Jésus par la charité implique l'union la plus intime avec Jésus lui-même, on voit comment Jésus va être amené à se dire (( le chemin » du salut pour tous les hommes
Les apôtres ne comprennent pas de quel séjour ni de quel chemin Jésus veut parler. Thomas en fait l'observation. Et le commentateur se demande pourquoi le Christ emploie toujours un langage inintelligible pour ses disciples ; et comme ce langage, après tout, n'est pas varié, comme les disciples l'entendent depuis des mois et des années, il se demande aussi comment les disciples ont pu être à ce point inintelligents ; il s'étonnera encore de ce que la réponse de Jésus à Thomas soit tout autre chose qu'une explication, et que ces admirables discours après la cène soient, du côté des disciples, une série de quiproquos dont le Sauveur n'a cure et qu'il semble presque prendre plaisir à exciter. Affaire de mise en scène et indigence d'invention qu'il faut bien se garder de mettre au compte de l'histoire. L'auteur n'a dans ses dialogues qu'un seul procédé dont il ne s'est point départi depuis le commencement et qui règle la marche de tous les entretiens du Sauveur avec les Juifs, avec ses disciples, même avec Pilate. Que cette alternance d'aphorismes transcendants et de contresens baroques devienne un peu monotone, et qu'elle nuise même à l'intérêt de discours comme celui-ci,
1. V. 4. xai.07rou iyoyjr.d ol'SaTS -:r]v 68o'v. A D etc. Ss. Vg. : xal TTjv ôôôv ol'BaTi.