‹ Le quatrième évangileChapitre 644 sur 857 · Cf. Grill · texte numérisé non relu

Cf. Grill

LE QUATRIÈME ÉVAi\(iILE

discours contient une nuance de reproche, que Ton n'est pas fondé à faire disparaître, en lisant : « Si vous me connaissez, vous connaissez le Père ^ »

(( Désormais vous le connaissez et vous le voyez » Après la déclaration que Jésus vient de faire en se proclamant voie, vérité et vie, les disciples, connaissant mieux le Fils, doivent connaître le Père, ayant appris à le voir dans le Fils '\ Telle est du moins, semble-t-il, la meilleure façon d'entendre ce passage ^. La réflexion de Philippe prouvera que les apôtres n'en sont pas encore au point que Jésus dit; mais l'assertion du Sauveur peut n'être pas absolue, et signifier ce qui devrait être. Elle signifie, d'une certaine manière, ce qui est, parce que, sans que les apôtres soient censés avoir par anticipation la pleine connaissance à laquelle ils parviendront seulement après la résurrection, les lecteurs de l'Evangile, figurés par les disciples, ont cette connaissance parfaite que les disciples, dans la perspective apparente et pour le jeu du dialogue, n'ont pas encore. Il n'est pas nécessaire de traduire : « Désormais, connaissez-le » en la façon qui vient d'être dite, « et vous l'aurez vu » ainsi ^. Idée trop subtile et construction grammaticale trop compliquée. Les disciples devraient connaître le Fils et le Père, après avoir été si longtemps avec le Fils, mais ils ne voient pas encore le Fils tel qu'il est, et de là vient qu'ils ignorent le Père.

Philippe, en effet, prend la parole et laisse entendre que le discours de Jésus n'apporte aucune lumière dans l'esprit des disciples. « Seigneur, dit-il, montre-nous le Père, et cela nous suffit. » Cette réflexion qui, dans une conversation réelle, ressemblerait fort à une mauvaise plaisanterie, fournit l'occasion d'expliquer comment on voit le Père dans le Fils. La demande de Philippe ne suppose nullement qu'il ait compris ce qui vient *d'être dit et que, non content d'une vue spirituelle il réclame une théophanie comme dans l'An-

1. V. 7. zl Èyvfôy.aTc i[j.é, zaî tôv zarioa aou yvcocTsaOs. Leçon du ms. adoptée par Tischendorf. La leçon de B semble préférable : et èyvwxsiTS jjls, /.aî tÔv Traripa [xou av rjO£iT£.

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