IV
6. On a remarqué aussi (cf. IIoltzmann, EinleU unçj, 438-439) que le prologue commence par trois [)ropositioiis ; que Jésus reste trois jours auprès de Jean
C'est au septième jour, le jour du sabbat, que s'accomplit la guérison du paralytique Ce malade, qui attend inutilement depuis des années sa guérison dans la piscine aux cinq portiques, représente Fhumanité, spécialement le peuple juif, qui a cherché vainement son salut dans la Loi. Le discours qui se rattache à cet épisode montre clairement que Ton doit y voir un symbole de la grande œuvre que le Christ est venu accomplir en ce monde ^. Le paralytique, les cinq portiques de Béthesda, le sabbat, tout y a un sens, et ce sens aboutit à Tidée du salut permanent opéré par Jésus. Ce caractère durable de la rédemption, la perpétuité du présent que Dieu a fait à Thumanité en lui donnant le Christ, est encore signifié dans la multiplication des pains : le discours sur le pain de vie ne laisse pas le moindre doute à ce sujet. Le miracle de Jésus marchant sur les eaux complète la leçon des pains multipliés, en faisant entendre que le Christ vivifiant est le Christ glorieux, le Christ esprit, le Verbe rentré dans la gloire de son éternité. La guérison de Taveugle-né prêche le Christ lumière du monde, et la résurrection de Lazare le Christ vie. Tous ces miracles révèlent une fonction essentielle du Sauveur, un aspect de sa mission. La mise en scène y est toujours subordonnée à la leçon que l'évangéliste veut inculquer. Si certains détails peuvent sembler parfois destinés uniquement à conserver Tapparence de l'histoire et à sauvegarder la vraisemblance, il n'en est pas moins vrai que la narration s'arrête toujours au point qui convient pour le symbolisme, quand même elle devrait paraître suspendue ou incomplète. L'histoire du paralytique se perd dans le discours qu'elle introduit; il en est de même pour celle de l'aveugle-né ; on ne sait ce que devient Lazare après sa résurrection. L'auteur laisse là ses récits quand il en a tiré ce qu'il voulait ^.
L'onction de Jésus par Marie de Béthanie figure en même temps la sépulture du Sauveur et le triomphe de l'Église, qui est la conséquence de la mort du Christ. L'entrée solennelle à Jérusalem anticipe de même la gloire du Christ ressuscité, prêché, exalté au ciel et dans son Eglise. Le
qu'il va trois fois en Galilée, trois fois en Judée; que trois pâques et trois autres fêles (on verra dans le commentaire qu'il y a plutôt quatre pâques et deux autres fêtes) sont mentionnées dans l'Évangile ; que le ministère galiléen et le ministère judéen sontreprésentés chacun par trois récits miraculeux ; qu'il y a trois sections distinctes dans le discours prononcé le dernier jour de la fête des Tabernacles; que le traître Judas est désigné en trois propositions (xiir, 18, 21, 26); que Jésus comparaît devant trois juges; qu'il ressuscite le troisième jour, et qu'il apparaît trois fois, que le livre entier se divise en trois parties. Mais plusieurs de ces trilogies ont pu se produire naturellement, sans intention spéciale de l'évangéliste. Pour ce qui est du plan, voir le § vu de cette introduction.