‹ Le quatrième évangileChapitre 66 sur 857 · HOLTZMANN · texte numérisé non relu

HOLTZMANN

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lavement des pieds prélude au discours après la cène el figure en action la loi d'amour qui est le lien de la société chrétienne. Tous les incidents de la passion tendent à manifester la royauté du Sauveur, la souveraine liberté de son sacrifice, la divinité de sa personne, le caractère tout surnaturel de sa mission. La foule qui veut le prendre est renversée à son approche, et il peut être arrêté parce qu'il se livre lui-même à la troupe qui est venue le chercher ^ Il ne reconnaît pas au grand prêtre le droit de l'interroger Le reniement de Pierre ne sert plus qu'à montrer l'accomplissement d'une prophétie faite par Jésus. Les péripéties du jugement devant Pilate signifient la royauté spirituelle du Christ, et la renonciation des Juifs au Messie qu'ils avaient attendu. Plus d'injures ni d'ignominies, plus même d'abaissement. Les moqueries sont pour les Juifs, condamnés à dévorer les affronts que leur fait Pilate au sujet de leur roi, et elles mettent en relief l'aveuglement de ce peuple qui a rejeté son Sauveur. Le tirage au sort des vêtements est rapporté pour la prophétie, et afin de figurer dans la robe sans couture l'unité, dans les quatre parts, l'universalité de l'Eglise. La recommandation que Jésus fait de sa mère au disciple et du disciple à sa mère est un autre symbole de l'unité ecclésiastique, fondée sur la réunion des croyants, Juifs et Gentils. Le vinaigre présenté à Jésus avant qu'il expire accomplit une prophétie et figure le calice de la mort. L'intégrité garantie au corps du Christ, lorsqu'on brise les jambes de ses compagnons, réalise la prophétie typologique de Tagneau pascal et signifie, encore et toujours, l'unité qui appartient au corps mystique du Sauveur; en même temps, l'eau et le sang qui jaillissent du côté percé par le coup de lance figurent les sacrements de l'initiation chrétienne, les signes de l'Esprit dont la communication fait participer tous les fidèles ensemble à la vie divine du Christ immortel. Les circonstances de la sépulture en font un hommage rendu à Jésus par le judaïsme officiel. Les récits de la résurrection font connaître le Christ glorifié et enseignent la foi; pas un trait n'y est conçu en vue de la simple représentation historique; Pierre et le disciple bien-aimé, Marie de Magdala, le groupe apostolique, Thomas sont dilTérents types de croyants auxquels se proportionne la manifestation du Christ, pour aboutir à la déclaration suprême : « Mon Seigneur et mon Dieu ^ » ; l'évangéliste argumente et enseigne en même temps; il prouve que Jésus est ressuscité, il montre comment le Christ vit par l'Esprit dans l'Eglise et quelles sont les conditions normales de la vraie foi. Là comme partout une précision tout extérieure de la mise en scène n'exprime que la fermeté du parti pris dogmatique ; l'espèce de vie et de couleur qu'on y remarque tient à la puis-

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