XIII, ii) ;supr. p
Jésus leur a donné, non seulement en cette circonstance, mais en général, et dont ils ont profité : on doit se rappeler que la parole dont il s'agit n'est pas une simple doctrine, elle est esprit et elle est vie ^. Ils n'ont plus qu'à se laisser tailler par le vigneron, restant fidèlement attachés à la vigne, afin de garder la vie qu'elle leur communique, de vivre dans la vigne et d'avoir la vigne, c'est-à-dire le Christ vivant en eux Le reniement de Pierre, la fuite des disciples ne dérangent pas cette perspective d'union : ou bien, du point de vue idéal où se place l'évangéliste, ce ne sont plus que des accidents providentiels qui n'enlèvent rien au prestige du collège apostolique, ou bien les faits sont oubliés, l'attention se portant sur le rapport des chrétiens avec le Sauveur, non sur la situation morale des apôtres la veille de la passion.
L'union au Christ est la condition indispensable de la persévérance et du salut. Quiconque se sépare de Jésus, en rompant le lien de la charité, ne peut plus agir chrétiennement. (( De même que le sarment ne peut porter fruit de lui-même, s'il ne reste dans le cep, ainsi en est-il de vous, si vous ne restez en moi. Je suis le cep, vous êtes les sarments. » Jésus est le cep, comme il est la porte, le pasteur, la voie, la résurrection, la vie. Cette allégorie de la vigne et des sarments correspond tout à fait à la doctrine de Paul sur le corps du Christ elle sert à définir la loi de l'activité chrétienne et non seulement de la vie apostolique. Uni à Jésus par l'amour, on peut tout ; sans lui on ne peut rien. « Sans moi vous ne pouvez rien faire ^. » Ceux en qui Jésus n'est pas présent et n'agit pas ne peuvent rien produire qui soit parfait dans l'ordre du salut. Il ne suit pas de là que toutes les actions des infidèles soient des jDéchés, ni qu'il ne puisse exister, en dehors de la vie en Jésus, aucune disposition ou action morales d'ordre inférieur Mais, au point de vue du salut, l'union au Christ est indispensable. « Si quelqu'un ne