‹ Le quatrième évangileChapitre 670 sur 857 · Cf. I Clém. v-vi · texte numérisé non relu

Cf. I Clém. v-vi

Ce monde qui discerne les chrétiens, entre tous les hommes, à leur mutuelle charité, les hait et les persécute à cause du nom de Jésus, faute de connaître Celui qui l'a envoyé. Le nom du Christ Fils de Dieu, qui est la confession de foi des disciples, suffît à le mettre en fureur. Ce trait s'applique avant tout aux Juifs, pour qui l'association de ces deux noms, Jésus et Christ, était une impiété. Le nom des chrétiens est devenu odieux aux païens, mais ce n'est pas « pour le nom » de Jésus que ceux-ci les ont persécutés. Ne pas connaître Celui qui a envoyé Jésus n'est pas nécessairement ignorer Dieu c'est ne pas savoir et ne pas avouer que Jésus a été envoyé de Dieu. D'ailleurs, la suite du discours montre que l'évangéliste ne fait aucune distinction entre les ennemis des disciples et ceux du Christ. « Si je n'étais pas venu, et que je ne leur eusse point parlé, il n'auraient pas de péché. » Les ennemis des disciples ont vu et entendu Jésus en eux : ils ne sont excusables ni d'avoir méconnu le Christ -, ni de haïr les fidèles. Et ce n'est pas un péché commun de haïr le Christ, car c'est haïr le Père qui l'a envoyé, c'est-à-dire Dieu même. L'enseignement de Jésus aurait dû leur faire connaître le Père; les œuvres que Jésus a faites parmi eux auraient dû leur apprendre qu'il était le Fils envoyé par le Père. Mais, tout en ayant vu ces œuvres divines 3, ils ont pris en haine le Christ, et en lui son Père.

Pour prévenir l'objection que les Juifs eux-mêmes tiraient de la défaveur qu'avaient rencontrée Jésus et l'Evangile, l'auteur ajoute que cette haine était prédite ^.Les Juifs devaient haïr Jésus et les siens, « afin que fût accomplie la parole écrite dans leur Loi : Ils m'ont haï sans sujet » Ici encore Jésus parle de la Loi des Juifs comme d'une chose étrangère, en quelque façon, à lui et aux siens, et il désigne l'Ecriture entière sous le nom de Loi '\ Le Messie lui-même

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