Cf. X, 34; supr. p
LE MONDE 773
est censé parler dans la citation, où non seulement l'on fait abstraction du sens historique mais on ne voit pas d'autre sens que l'application prophétique. On n'a pas l'intention de prouver par 'Ecriture que la haine des Juifs n'est aucunement justifiée ^, émonstration qui serait superflue; il s'ag-it^ comme en d'autres endroits, d'expliquer un fait dont les adversaires se prévalent contre le christianisme, et d'en faire un argument favorable, en alléguant la nécessité providentielle de la prophétie. Au lieu de prouver quoi que ce soit contre le Christ et son œuvre, le fait témoigne pour eux, puisqu'il était prédit, puisque Dieu lui-même avait annoncé par son prophète que le Messie serait ainsi traité. Il est d'ailleurs évident par le contexte que la nécessité providentielle résultant de la prophétie n'exclut pas la responsabilité des auteurs pour la faute commise.
Jésus méritait l'amour et la reconnaissance des hommes, non la haine et la persécution. Il en est ainsi de ses disciples. Les œuvres du Christ et celles des chrétiens sont comme un témoignage permanent rendu à l'Evangile devant le monde, et qui ôte au monde toute excuse ^. Ce témoig-nage, que Jésus s'est rendu à lui-même pendant qu'il était sur la terre, continue de lui être rendu dans l'Eglise par le Paraclet. Envoyé du Fils, le Paraclet témoigne pour lui; venant du Père, il connaît la vérité; Esprit de vérité, il la manifeste sans ■altération et avec une autorité incontestable. L'ëvangéliste ne se -contredit ^ pas en affirmant que le Paraclet vient du Père et qu'il est envoyé du Fils. Il vient du Père, d'auprès de Dieu, comme le Verbe en est venu, et pour une fin analogue ; mais c'est le Fils, rentré en Dieu, qui l'enverra pour tenir sa place. Rien n'invite à supposer que l'Esprit serait dit envoyé par le Fils, non parce que le Fils l'enverrait, mais parce qu'il prierait le Père de l'envoyer ^. Que l'Esprit, en tant que personne divine, procède du Père seul ou bien du Père et du Fils, c'est un point qui n'est pas décidé ni même entrevu en cet endroit. L'auteur n'envisage pas les relations éternelles du Père, du Fils et de l'Esprit, mais leur contribution res-