‹ Le quatrième évangileChapitre 674 sur 857 · AcT. I, 8. 21-22: v, 32: xv · texte numérisé non relu

AcT. I, 8. 21-22: v, 32: xv

LE MONDE

et même témoignag-e, sug'géré par l'Esprit, est dans la bouche de tous, et Jésus, s'adressant à ses apôtres, parle aux prédicateurs contemporains de l'évangéliste. Tous sont avec lui dès le commencement, les uns en fait, les autres par représentation, moyennant l'Esprit qui fait l'unité des uns et des autres dans le Christ, et l'unité du témoig-nag-e qu'ils rendent au Christ.

Jésus prévient ses disciples des dangers qui les attendent ^, afin qu'ils ne soient pas scandalisés^ qu'ils ne soient point exposés à faillir quand l'événement se produira. Le point de vue de l'écrivain n'apparaît pas seulement dans l'emploi du parfait : « Je vous ai dit », qui convient mieux par rapport aux lecteurs du livre que relativement aux auditeurs du Christ, mais dans la substitution du scandale permanent de la persécution au scandale actuel et transitoire de la passion. Celui-ci peut-être considéré comme la figure de l'autre; bien que les apôtres y aient succombé, on le supprime presque entièrement de la perspective, pour faire place au dang-er de la persécution que les apôtres ont traversé sans faiblir, mais qui menace encore les chrétiens auxquels l'Evangile est destiné. Il est vrai que Jean, ayant réservé pour ce dernier entretien toutes les instructions du Sauveur à ses disciples, se trouve amené à y introduire des avertissements identiques ou parallèles à ceux qu'on trouve dans les discours synoptiques sur les conditions de l'apostolat. Mais la situation qu'il a en vue n'est pas celle des premiers apôtres, c'est celle de tous les prédicateurs de l'Evangile. On a observé que la description n'a pour objet que des persécutions juives, et l'on a cru trouver dans ce traitune marqued'historicité. C'est donner beaucoup de portée à un détail trop facile à expliquer autrement. L'auteur n'a pas voulu mettre une apocalypse dans la bouche de Jésus ; c'est pourquoi il s'abstient de toute allusion directe au rôle des païens dans les premières persécutions. On apprendra, parla conduite de Pilate dans le récit de la passion, comment ce rôle est conçu par l'évangélisle. Quant à celui que les Juifs ont pu y prendre, on a vu déjà qu'il est censé très important et très funeste Rien d'étonnant à ce qu'on définisse l'état de persécution par l'attitude des Juifs à l'égard des chrétiens.

1. xau-ca (xvi, i) se réfère à xv, 18-27, tout ce qui vient d'être dit sur les persécutions à venir.

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