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LE (JUATIUÈ.MI^ ÉVANGILK
Pour commencer, les disciples seront exclus des synagogues. Cette excommunication, qui est conçue comme une mesure générale prise par le judaïsme contre le christianisme naissant ne remonte pas comme telle aux premiers temps. Les Actes montrent que les convertis du judaïsme avaient accès dans le temple, et que les Juifs de Rome, au moment où saint Paul arrive dans cette ville, ignoraient que les sectateurs du Christ fussent, en principe, exclus des synagogues Le schisme se consomma très peu de temps après, mais la séparation était encore assez récente pour être sensible et irritante dans le temps et le milieu où le quatrième Evangile fut écrit. Traités en ennemis par les Juifs, les chrétiens seront dénoncés par eux, et l'on croira faire une œuvre pie en les vouant à la mort. Les païens pensaient aussi faire acte de religion quand ils condamnaient les chrétiens au supplice; mais tout porte à croire que l'évangéliste est surtout préoccupé des Juifs. Ceux qui ont fait mourir Jésus se sont posés en défenseurs de la majesté de Dieu, lésée par les prétentions messianiques du Sauveur 3; de même, en faisant mourir ses disciples, ils prétendront encore venger l'honneur divin. Peu importe que deux apôtres seulement aient péri de la main des Juifs ; il s'agit de tous les chrétiens à la mort desquels les Juifs ont contribué. Il ne semble pas que l'on puisse abaisser la date de l'Evangile jusqu'à 135 ou 140, de façon à voir dans ce passage une allusion ^ aux massacres de chrétiens qui signalèrent le soulèvement de Barkochba. La cause de ce fanatisme persécuteur est celle qui a été indiquée plus haut: les Juifs ne connaissent pas vraiment le Père, parce qu'ils ne veulent pas reconnaître celui qu'il a envoyé.
Ainsi les disciples ne doivent pas être étonnés des persécutions qu'ils ont à subir. Jésus leur en a parlé tout exprès afin que, l'heure providentielle arrivant, ils sachent à quoi s'en tenir, et que l'épreuve de leur foi ait pour premier effet de l'alîermir. « L'heure » annoncée ne peut être que celle de la persécution, non celle des Juifs, c'est-à-dire de leur punition s, car le châtiment des Juifs