Maldonat, Knabenbauer
LE PARACLET
verra plus. La justice de Jésus, non seulement la justice de sa cause en face du monde, mais la parfaite justice de sa personne et de sa vie terrestre, est attestée par l'événement de sa résurrection ^ et par son entrée dans la gloire du Père. L'injustice est du côté de ceux qui Font fait mourir. La justice dont on parle ne peut être celle que l'homme obtient par Jésus -, car on ne voit pas comment le monde serait repréhensible à l'égard de cette justice ; et l'injustice du monde ne consiste pas précisément en ce qu'il a obligé le Christ à quitter les siens mais Fimpiété du monde et son injustice essentielle, aussi bien que le crime commis par lui envers Jésus, ressortent clairement de la destinée glorieuse que Dieu a faite à son Fils. A la lettre, Jésus dit : <( Parce que je vais à mon Père, et que vous ne me voyez plus. » Le point de vue du discours est par delà les apparitions du Christ ressuscité, en plein règne de l'Esprit envoyé à sa place. Si Ton ne voit plus Jésus, c'est qu'il demeure constamment auprès du Père. Cette circonstance dont les discij)les s'affligeaient est la condition même de l'état glorieux qui appartient au Christ immortel.
Enfin le monde sera battu sur la question de jugement, « parce que le prince de ce monde est jugé ^ ». La résurrection du Christ a convaincu le diable d'impuissance ; mais ce n'est pas à raison de son impuissance qu'il est condamné, c'est pour s'être opposé à Dieu dans la personne de son Christ. L'exaltation du Sauveur condamne le ' diable en prouvant la justice de Jésus, comme elle condamne le monde en le taxant d'incrédulité coupable. Le monde et le diable sont condamnés en même temps, parce que la mort du Christ et les persécutions auxquelles le christianisme est en butte sont leur œuvre commune. Par son attentat sur le Christ, le diable a commis une injustice tellement impie et monstrueuse qu'il a perdu, au moins en principe, tout droit et tout pouvoir sur l'humanité rachetée. Ce n'est pas l'œuvre rédemptrice qui condamne le diable en lui enlevant des sujets L'Esprit fait voir que le diable est dépossédé par équitable sentence du Père céleste, pour avoir procuré la mort du Christ, le Juste par excellence, le Saint de Dieu : là est le grand
1. Cf. AcT, iir, 14-15; vu, 52; 1 Pieu, m, 18; I Jean, ii, 1, 29; m, 7.