Cf. II, 25; VI
l'espérance
mule tout haut la question qu'ils désiraient lui poser ^. Gomme toujours, il s'abstient d'y répondre directement ; le développement du thème annoncé d'abord, et qui est repris sous une autre forme, est toute l'explication donnée. La mort du Christ va causer aux apôtres une grande douleur, et au monde une g-rande joie. Mais Jésus ne parle pas ouvertement de sa mort, en sorte que le commentaire de l'avertissement : « Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus », n'est pas plus clair que ces paroles mêmes, bien que ce qui est dit du chagrin des disciples convienne à un deuil Le récit de la passion ne fera pas même allusion à cette douleur des apôtres ; mais on peut croire que ce trait appartient à la tradition évangélique primitive, puisque l'on en trouve un écho dans Luc dans l'Evangile de Pierre dans la finale de Marc '\ L'auteur du quatrième Evangile n'a pas dû le puiser dans la tradition orale, mais dans quelque document écrit, peut-être dans la finale primitive de Marc ^. La douleur des disciples et la joie du monde forment un contraste tragique ^. Mais la tristesse des disciples se changera subitement en joie ; il est sous-entendu que, par le même coup de Providence, la joie du monde se changera en confusion.
Il en sera pour les disciples comme dans le cas d'une femme en travail : la femme qui enfante est triste, parce que son heure est venue, son heure critique, son heure de souffrance, l'heure de son destin, où elle exerce la fonction que Dieu lui a départie ; mais dès que l'enfant est né, elle oublie ses douleurs, elle est toute à la joie d'avoir mis au monde un représentant de l'humanité. Bien que la comparaison s'applique directement à la situation présente des disciples et à
1. Jésus répète ce qu'il a dit au v. 16, sans ajouter : « parce que je vais à mon Père » ; et bien que le quatrième Évangile ne se recommande pas par l'exactitude des citations, cette circonstance confirme ce qui a été dit plus haut contre l'authenticité de l'addition dans ce verset.