B. Weiss, 530 ; IIoltzmann, loc. cit
la résurrection prochaine du Sauveur, il est probable que Tévangéliste a voulu produire, sous forme de comparaison, une allégorie dont la signification totale dépasse la lettre du texte et son application immédiate. La comparaison vient des prophètes \ qui l'ont appliquée volontiers aux malheurs d'Israël ; les douleurs du Messie, les maux qui devaient précéder son avènement, sont un thème familier à l'apocalyptique juive et chrétienne, et il ne ftiut pas oublier, dans l'Apocalypse johannique le tableau de la femme enceinte, poursuivie par le Dragon, qui enfante dans le désert et dont le fruit est ravi au ciel. On dirait que l'auteur emploie tout exprès des termes généraux, la femme, l'enfant, l'heure, la tristesse, la joie, l'homme, le monde, pour y rattacher une signification plus large que celle qui se propose d'abord. La femme de la comparaison paraît être la même que la femme de l'Apocalypse, la synagogue croyante, mère du Christ, l'humanité fidèle, mère des élus; les douleurs qui précèdent la naissance de l'enfant, c'est-à dire la résurrection du Sauveur, figurent les maux qui précéderont son retour glorieux, les épreuves de l'Eglise chrétienne ; l'heure de l'enfantement, l'heure de la passion et de la résurrection, figure l'heure de la crise finale et de la parousie ; l'homme naissant, le Christ ressuscité, est le Christ glorieux, l'homme donné à l'humanité pour son salut, et qui représente aussi en sa personne l'humanité sauvée. Il faut maintenir, avec les principaux commentateurs de ce temps, que le discours a pour objet la situation des disciples et la résursection du Sauveur ; mais on ne doit pas exclure une seconde perspective où les épreuves de chaque fidèle et celles de l'Eglise, la venue spirituelle du Christ et son retour à la fin des temps trouvent ensemble leur place.
Maintenant les apôtres sont dans la tristesse la douleur de demain s'associant déjà à celle d'aujourd'hui ; mais Jésus les reverra, et ainsi la joie leur sera rendue, une joie que nul ne pourra leur enlever. (( Je vous verrai » s'entend du Christ ressuscité, mais ce qui suit montre bien que la pensée de l'évangéliste va au delà des apparitions du Sauveur. Cette joie durable, que nulle puissance de ce monde ne ravira aux disciples, n'est pas liée à des appari-
1. Os. XIII, 13-14; Is. XXI, 3; xxvi, 17; xxxvii, 3 ; lxvi, 7-9 ; Mich. iv, 9-10;