‹ Le quatrième évangileChapitre 694 sur 857 · B. Weiss · texte numérisé non relu

B. Weiss

l'espérance

qu'il leur dira pour finir laisse bien entendre qu'ils ne sont pas encore des croyants complets et qu'ils ne le deviendront que dans l'avenir. Tout ce qui vient de leur être enseig-né se trouve comme rétréci et rapetissé dans leur discours. Jésus leur a promis de leur enseig-ner ouvertement les vérités célestes, quand il sera ressuscité ; parce qu'ils s'aperçoivent enfin que le Christ retourne à Dieu, d'où il est venu, ils se persuadent qu'ils sont déjà en possession de la révélation annoncée. Jésus leur a dit que cette révélation les dispenserait de l'interroger, et ils déclarent que dès maintenant ils n'ont plus besoin de faire de questions ^. Jésus a prévenu la dernière demande qu'ils ont voulu lui adresser, et ils lui reconnaissent une science infinie, qui serait la raison pour laquelle il est superflu de l'interroger C'est cette demi-intelligence qui les confirme dans leur foi; ils sont plus sûrs que jamais, s'il est possible, que Jésus est venu de Dieu.

Et Jésus montre que leur foi est moins solide que sincère. « Vous croyez maintenant? » leur dit-il. Si l'interrogation qui paraît contenue dans cette phrase ^ n'exprime pas un doute et suppose une réponse affirmative, elle n'en fait pas moins ressortir le contraste de cette foi, exprimée par les disciples, avec la conduite qu'ils vont tenir. « Voici venir l'heure, et elle est arrivée, où vous vous disperserez chacun chez vous, et me laisserez seul. » C'est la prophétie de la dispersion qui se lit dans Marc et Matthieu, et dont la fuite des disciples mdique maintenant l'accomplissement. Jean va plus loin et dit que les disciples retourneront « chez eux ^ », détail qui n'est pas dans nos textes canoniques, bien que Jésus ait paru l'annoncer. Ici encore le quatrième Evangile se rencontre avec l'Evangile de Pierre, et dépend probablement de la rédaction pri-

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