‹ Le quatrième évangileChapitre 7 sur 857 · Cf. Harnack · texte numérisé non relu

Cf. Harnack

3. Dans la première citation, l'Évangile est allégué jiar Irénée pour confirmer l'opinion des presbytres, avec laquelle les paroles : <( Tu n'as pas encore cinquante ans », ne s'accordent pas tout à fait, un homme au-dessous de cin-

Papias n'avait rien appris des anciens touchant l'orig-ine de ce livre. Serait-ce que les presbytres eux-mêmes, qui avaient vécu avec Jean, n'auraient rien appris de lui à ce sujet, n'auraient pas connu le quatrième Evangile, ou l'auraient connu d'abord comme une œuvre anonyme et sans rapport avec la personne de leur maître?

Chez Justin, l'on rencontre eniîn le nom de l'apôtre associé à l'un des écrits que la tradition lui attribue, mais il s'agit de l'Apocalyse \ non de l'Evangile. Bien qu'il n'indique pas le lieu où l'Apocalypse a été composée, Justin admet implicitement le séjour de l'apôtre en Asie, ce séjour se trouvant attesté par le livre même ^. Peut-être convient-il d'observer, comme un point qui intéresse indirectement toute l'histoire des écrits johanniques, que ce témoignage est le plus ancien qui atteste l'activité littéraire de l'apôtre Jean, et il remonte à 155-160. L'aire de diffusion des écrits johanniques a été longtemps restreinte, ou bien l'usage en a été très circonspect. Clément Romain, Ignace, Polycarpe, la Didaché, l'Epître de Barnabé, Hermas, la seconde Epître de Clément semblent ignorer l'Apocalypse. Cependant Justin, bien qu'il ne songe pas à montrer dans l'apôtre Jean, auteur de l'Apocalypse, l'auteur de l'Evangile, s'est servi de ce dernier livre. Sa christologie est toute johannique, ou plutôt la fusion y est faite, comme dans celle d'Ignace, et plus complètement, entre la doctrine johannique et les données synoptiques. Mais si Justin emprunte au quatrième Evangile, non seulement des idées dogma-

quante ans n'étant pas encore <( senior ». Irénée lui-même le laisse entendre (/oc. cit.) : « Quia triginta annorum aetas prima indoles est juvenis et extenditur usque ad quadragesimum annum, omnis quilibet confitebitur ; a quadragesimo autem etquinquagesimo anno déclinât jam in aetatem seuiorera. » Ainsi l'opinion des presbytres n'est pas censée dériver de l'Évangile, et ce ne sont pas les presbytres ni Papias qui citent l'Évangile, mais Irénée. Que Jean, viii, 57, ne laisse pas d'être en rapport avec l'opinion des presbytres, c'est une autre question qui sera examinée plus loin. Si l'autre passage contient réellement une citation de Jean, il faut dire que les presbytres ignoraient la pensée de l'évangéliste, ce qui est assez surprenant, puisqu'on les suppose ses disciples. Comme il est associé dans le même contexte à une autre parole de Christ dont la source est inconnue : <( Quemadmodum verbum ejus ait, omnibus divisum esse a Pâtre secundum quod quis est dignus aut erit, » on a conjecturé que les deux loc/ia pourraient venir de la même source, qui serait commune aux presbytres et à révangéliste (Coussen, 110). Mais l'hypothèse est très fragile (Corssen lui-même l'abandonne, Zeilschrifl f. d. neuiest Wissenschaft, 1901, p. 214).

1. Dial. Hi . xai ÈTteiôrj xai Ttap' f][j.ïv àvrj'p Ttç to ovojJLa 'I(oavvr]ç sf; xtov à:roaToXtijv toS Xpiaiou èv aTcoxaXufj'ei Y£vo[X£VTj auTôiyiXia stt] Troirjaetv èv 'IspouaaXrjfx xoùç toj 7][j.£T£pw

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