‹ Le quatrième évangileChapitre 700 sur 857 · Cf. Grill · texte numérisé non relu

Cf. Grill

Cette vie éternelle, Jésus a commencé de la donner, et par cela même il a déjà glorifié Dieu sur la terre. Elle consiste essentiellement en ce que les hommes connaissent le Père, seul vrai Dieu, et Jésus-Christ, qu'il a envoyé K La connaissance dont il s'agit est une connaissance de foi, et non pas une connaissance théorique ; c'est une adhésion de Tâme qui s'approprie l'objet de la foi. Ainsi la vie éternelle est considérée dans sa réalité terrestre, non dans son épanouissement céleste, et l'on ne peut pas dire même que la connaissance de Dieu représente la totalité de la vie divine qui est communiquée à l'homme sur la terre '\ La vraie et pleine connaissance de Dieu est un principe de vie éternelle, non seulement parce qu'elle donne à la vie humaine un objet, une certitude et un but -^, mais parce qu'elle est le fondement de la communion vitale qui s'établit par l'amour entre Dieu et les croyants. Connaître vraiment Dieu est le connaître comme Père du Christ et père des hommes, tel que Jésus le révèle dans l'Evangile ; c'est pourquoi cette connaissance parfaite de Dieu implique celle de Jésus-Christ, l'envoyé de Dieu. Le sens n'est pas que les hommes doivent connaître le Père comme le seul vrai Dieu, et Jésus comme Christ, mais le Père qui est le vrai Dieu, et l'envoyé du Dieu-Père, qui est Jésus-Christ. Le Père néanmoins est dit « seul vrai Dieu » par rapport aux dieux païens, et non pas en tant que connu de telle manière vraie, en opposition avec telle autre manière qui serait fausse ^. Le mode de connaissance résulte de ce que Dieu est présenté comme Père et donnant mission au Christ ; la qualité de « seul vrai Dieu » ne peut le concerner que par rapport aux faux dieux.

Cette formule n'est pas exclusive de la divinité du Christ et l'évangéliste n'oublie pas qu'il a dit, pour commencer, que « le Verbe

1. V. 3. auTV] âaxiv t] aicovio; C^Jr], iva yivwa/.wcjtv il xôv [j.ovov àXriGivèv ôsôv xal ov (XTiéoTsiXa; 'Ir]aouv Xptaxo'v.

2. Cf. Grill, 296. Grill observe avec raison que l'accent n'est pas sur yivoSaxo:)at, mais sur le double complément du verbe. Il soupçonne ici un désaveu de la fausse gnose. Pour l'idée et le langage, il y a analogie avec les mystères helléniques. Cf. IloLTZMANN, Neut. Theoloffïe, II, 379.

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