‹ Le quatrième évangileChapitre 702 sur 857 · Cf. I Thess.i · texte numérisé non relu

Cf. I Thess.i

A. LoisY. — Le quatrième Évangile. 51

Jésus a donné aux hommes cette connaissance salutaire en prêchant l'Evangile ; par là il a glorifié Dieu sur la terre et accompli sa mission ici-bas K Comme la mort de Jésus fait partie de sa mission, on dit que Jésus peut déclarer celle-ci accomplie, bien que la mort doive la couronner ^, ou que la mission est accomplie dans Tintention du Sauveur, bien qu'elle ne le soit pas encore dans la réalité. Le fait est que la perspective du discours est assez flottante ; tout s'explique sans distinction subtile, si l'on admet que Jean fait parler dans Jésus le Christ glorieux et eucharistique : par rapport au cadre apparent, la mort de Jésus est à venir; dans la conception profonde et symbolique du discours, elle appartient au passé. Le Christ, donc. Verbe fait chair, a glorifié Dieu sur la terre : que Dieu maintenant glorifie le Christ dans le ciel, en le rétablissant dans sa gloire éternelle.

Ainsi la vie terrestre du Christ est censée continuer l'existence éternelle du Verbe Le Verbe s'est dépouillé, en quelque façon, de sa gloire divine en se faisant homme, et il réclame ce qu'il a quitté par obéissance à la volonté du Père. Avait-il donc perdu quelque chose, et sa divinité avait-elle été amoindrie? Bien que l'auteur paraisse l'admettre, il faut se garder d'interpréter cet abaissement dans le sens d'une diminution intrinsèque de l'être du Verbe. De même que le Christ johannique a pleinement conscience de son éternité, il a le plein usage de la science divine ; il n'a rien perdu de ce que le Père lui communique éternellement. Toutefois son humanité terrestre, on Fa vu, crée une sorte d'obstacle à son action ; elle est aussi comme un écran qui voile sa gloire divine. Non seulement la malice des hommes^ mais la nature matérielle de la chair prise par le Verbe est un obstacle à la plénitude de sa révélation et de son action divines ^. Pour la théologie postérieure, le Verbe, être absolu comme le Père, ne cesse pas d'être glorieux et impassible dans son éternité pendant qu'il s'abaisse et souffre sur la terre. Cette conception complète

1. V. 4. Èyfi) as iSo'Çaaa enl x^ç y%, z6 spyov xsXsiwaa; o BsBtoxà; ijloi iva Tioirjaco. Le sens reste le même si l'on place la virgule avant i-jzi xf\; y^ç,

Page 1