‹ Le quatrième évangileChapitre 703 sur 857 · Cf. GuiLL, 317; et supr. p · texte numérisé non relu

Cf. GuiLL, 317; et supr. p

LA PRIÈRE DU CHRIST

logiquement celle de l'Évangile, mais l'Évangile ne va pas jusque-là ; il considère le Verbe dans ses relations, et il présente sa mission temporelle comme un intermède entre deux éternités. C'est pourquoi le Verbe, qui est resté Verbe en s'incarnant, qui est toujours Dieu, peut recouvrer la gloire originelle de sa divinité ; il rentre en possession de cette gloire par la résurrection, échappant aux conditions limitées de toute vie et de toute activité terrestres. En disant que le retour du Christ à sa gloire céleste est l'association de son humanité à la gloire de sa divinité. Ton ne fait que donner plus de précision et de consistance à la pensée de l'évangéliste.

Le Christ a fait connaître « le nom », c'est-à-dire la personne, le vrai caractère de Dieu aux hommes que le Père lui a donnés entre tous ceux qui vivent dans le monde. Ils étaient à Dieu, en tant que ses enfants d'élection, avant de rencontrer Jésus ; Dieu les lui a conduits, les lui a donnés, et le Christ, les instruisant, les a tirés du monde K Ils ont gardé, en la pratiquant, la parole qui leur était annoncée au nom du Père ; maintenant ils savent que tout ce qui a été donné au Christ, en paroles et en œuvres, vient de Dieu ; ils sont arrivés à cette connaissance par l'enseignement de Jésus ; les paroles que Jésus tient du Père leur ont été fidèlement transmises ; ils les ont reçues avec foi ; ils ont reconnu que le Christ était sorti de Dieu, et ils ont cru à sa mission divine.

Faut-il conclure de ce passage que les disciples ont cru à la mission de Jésus, parce qu'ils ont eu connaissance de son origine céleste? Et si Jésus leur a donné toutes les paroles qu'il tenait du Père, que restera-t-il pour l'enseignement du Paraclet ? Il est évident que ces discours n'ont pas la rigueur d'un enseignement scolastique. La perspective est toujours flottante entre le passé et le présent : on pourrait soutenir que Jésus a dit aux apôtres tout ce qu'il avait à leur dire ; mais il vaut mieux écarter cette subtilité banale et supposer que l'enseignement de Jésus et celui du Paraclet ne font qu'un dans l'enseignement du Christ johanniqne, qui est le Christ glorieux. L'évangéliste n'a pas voulu non plus décrire la genèse de la foi dans l'âme des ajDÔtres. Ici la connaissance est présupposée à la foi ; dans un autre endroit 2, la foi est présupposée à la connaissance. L'objet de Tune est, en

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