‹ Le quatrième évangileChapitre 706 sur 857 · B. Weiss · texte numérisé non relu

B. Weiss

les rattache à Dieu n'est pas à concevoir comme purement morale et simplement analog-ue, dans son ordre, k l'union vitale du Père et du Fils i. De part et d'autre il y a révélation et vie : entre le Père et le Fils, cette communication est essentielle et éternelle; entre Dieu et les hommes elle est, en un sens, accidentelle, et elle commence dans le temps, pour se consommer dans l'éternité.

Ce que le Père est invité à faire maintenant pour les disciples, le Christ l'a fait tant qu'il a vécu sur la terre, au milieu d'eux. « Lorsque j'étais avec eux, je les gardais en ton nom », je les conservais dans cette unité de vie divine, qui est le privilège éternel du Fils, et dont je les ai rendus participants; « je les gardais en ton nom, que tu m'as donné » ; et je les ai bien gardés, « puisqu'il ne s'en est perdu aucun, si ce n'est le fîls de perdition », celui qui devait se perdre, qui était dû à la damnation, prédestiné à la ruine, et caractérisé comme tel dans l'Écriture. La perdition est le contraire de la vie éternelle ; c'est une manière de mort et de châtiment sans fin La perdition et le salut sont incompatibles : il est inconcevable que « le fds de perdition » ait pu être sauvé. « Le fîls de perdition » est l'homme perdu, qui devait se perdre, et non pas précisément qui s'est livré à la perdition et s'est perdu lui-même ^. L'Ecriture dont il s'agit est probablement le passage des Psaumes ^ qui a été cité plus haut ^. Des cas pareils à celui de Judas pourront se produire dans l'Eglise et seront à expliquer de même : Jésus soutient et préserve les siens ; ceux qui le trahissent, après avoir semblé faire partie de son troupeau, n'étaient pas réellement à lui ^ ; au lieu d'être des enfants de Dieu, c'étaient des enfants du diable, des fîls de perdition, qui n'étaient pas compris dans le nombre de ceux que le Père a donnés au Fils. Maintenant le Fils va au Père, et il lui recommande les siens en leur présence, non qu'une telle prière soit indispensable'^, puisque la volonté du Fils est celle du Père, et que le Fils ne demande rien que le Père n'ait l'intention d'accomplir, mais pour donner confiance

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