Cf. XI, 41-42 ; supr. p
LA PRIÈRE DU CHRIST
à ceux qui Fécoutent et leur inspirer la joie, le sentiment eucharistique dont il est lui-même pénétré. Cette joie n'est pas celle du départ pour la g-loire, mais la conscience de la protection divine qui assure la g-loire éternelle au Christ quittant la terre K La même joie peut donc exister dans le Maître et dans les disciples.
Le besoin qu'ont ceux-ci de l'assistance divine, indiqué précédemment, est des plus pressants. Il est causé, en quelque sorte, par Jésus lui-même, qui, en les retirant du monde, les a exposés à la haine du monde. Il leur a donné la parole qu'il avait reçue du Père afin de la leur transmettre, et cette parole qu'ils ont acceptée avec foi les a séparés du monde. C'est pourquoi le monde les hait ; ils ont cessé d'appartenir au monde ; ils ne sont pas du monde ; nés de Dieu, à l'instar du Fils unique, ils sont, comme lui, étrangers au monde et détestés du monde Cependant il ne convient pas de les retirer du monde en même temps que le Christ s'en éloigne : si, par un côté, le monde est le royaume de Satan, par un autre côté, c'est le théâtre où s'accomplissent les œuvres divines ^, où doit se continuer l'œuvre du salut par la prédication de l'Evangile et le recrutement de tous les enfants de Dieu. La grâce que le Sauveur demande pour les siens n'est donc pas celle d'une mort prompte, qui ne les soustrairait aux persécutions du monde qu'en les enlevant à leur mission providentielle, mais celle d'une protection efficace qui les garantisse du mal ^ ou plutôt du malin ^, qui les sauve de toutes les embûches que leur prépare le démon. En tant que prince de ce monde, Satan est l'auteur de toutes les persécutions qui assaillent l'Eglise ; la lutte que Jésus a soutenue contre lui ne laisse p:\s de se perpétuer, et la défaite du diable, complète, en un sens, par la résurrection du Christ, n'est pourtant définitive qu'à la consommation de toutes choses. Il ne peut guère être question, dans ce passage, d'une simple préservation du mal moral ^\ puisque Jésus a commencé par montrer ses disciples environnés de la haine