Cf. XX
6. V. 49. £v àXrjOei'a n'est pas èv xf^ àXTjOet'a, v. 17. Cf. 1 Jean, m, 18; II Jean, 1; III Jean, 1.
LA PRIÈKE DU CHRIST
log-ie avec celle de Fag-neau pascal ^ qu'avec celle des premiers-nés ou des prêtres Le double sens du mot « consacrer » donne lieu à une sorte de jeu de mots ^ : le Christ se consacre lui-même, c'est-à-dire se voue à la mort en qualité de victime, pour que les disciples soient consacrés, c'est-à-dire sanctifiés, donnés à Dieu et unis à lui par l'Esprit que Jésus ressuscité leur communiquera. On peut sans doute entendre que les apôtres seront voués à leur mission comme le Christ à la sienne ^ ; mais la formule : « sanctifiés en vérité », désigne j^lutôt un état de sainteté qu'un acte ou même une disposition générale de dévouement. Cette disposition résulte de la sanctification dont on parle, c'est-à-dire de la communication de l'Esprit qui ne peut être faite que par le Christ ressuscité. Le Christ se voue à la mort afin de pouvoir sanctifier les siens en cette manière, qui est la véritable. En comparaison de cette sainteté, la consécration des objets matériels et des ^^ictimes selon le rituel mosaïque n'est qu'une figure sans réalité.
Autant il est vraisemblable que l'évangéliste a en vue ces images imparfaites de la sainteté vraie autant il paraît peu conforme à sa pensée de faire consister la sanctification des disciples dans la purification de toute souillure par l'effet de la mort expiatoire du Christ La mort du Sauveur n'est pas présentée dans le quatrième Evangile comme une expiation du péché ; la consécration des enfants de Dieu n'y apparaît pas non plus comme une simple purification, mais comme une vie nouvelle résultant de l'Esprit divin qui est donné aux croyants. L'agneau qui enlève le péché du monde est moins une victime du péché qu'une victime d'adoration et de louange, qui chasse le péché devant elle et n'a pas a le porter ni à le détruire en le prenant à sa charge ^. La propitiation johannique peut être au fond la même que celle dont saint Paul a décrit la théorie ^ ; mais elle est autrement comprise ; on peut dire qu'elle a une base plus large et un développement plus complet.