HoLTZMANN, loC. cit
A l'idée de la mort salutaire se joignent, en plein relief, l'idée de l'Esprit, source de vie éternelle, l'idée liturgique de la consécration sacerdotale, comme dans l'Epître aux Hébreux^, et celle de l'eucharistie, aliment spirituel et divin : ce n'est pas seulement le sang du Calvaire, mais le sang de l'eucharistie qui purifie les chrétiens de leurs péchés - et entretient en eux la vie divine, La sanctification des fidèles, qui a sa perfection dans la charité, a son sacrement efficace dans l'oblation et la communion commémoratives de la mort du Christ. Et ne semble-t-il pas que la vieille formule liturgique : « Les choses saintes sont pour les saints », soit comme un écho de la parole du Sauveur : « Je me consacre pour qu'ils soient consacrés » ? C'est la pensée de l'eucharistie, de ce qu'elle est devenue pour la communauté chrétienne, qui amène l'application de la prière du Christ à tous les fidèles de l'avenir. Jésus a devant les yeux tous les convertis de la prédication évangélique : le bien qu'il demande pour ses disciples doit appartenir à tous ceux qui, dans la suite des temps, croiront en lui.
xvn. 20. <' Mais je ne prie pas seulement pour eux, je prie aussi pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous soient un, de même que toi, Père, tu es en moi, et moi en toi, afin qu'ils soient, eux aussi, en nous, pour que le monde croie que tu m'as envoyé. 22. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, afin qu'ils soient un comme nous sommes un, 23. moi en eux et toi en moi, afin qu'ils soient parfaits en unité, pour que le monde connaisse que tu m'as envoyé et que tu les as aimés comme tu m'as aimé. 24. Père, ceux que tu m'as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, afin qu'ils voient ma gloire, que tu m'as donnée, parce que tu m'as aimé, avant la création du monde.»
Jésus ne prie pas seulement pour les disciples qui Técoutent; il prie pour ceux qui plus tard croiront en lui par leur parole. Que la prédication apostolique soit la condition permanente de la foi, on doit l'admettre, pourvu qu'on ne limite pas cette prédication à l'enseignement des apôtres tel qu'il a été rédigé dans le Nouveau Testament ou tel qu'il a été matériellement donné par les disciples