Cf. XVI
3. 7rapoi[ji['a, employé comme synonyme de 7îapa6oXrj. 4r. Matïh. XXV, 14-30.
INTRODUCTION
voir s'en tenir à la simplicité de leur signification première. L'auteur du quatrième Évang^ile a pensé garder suffisamment la forme de l'enseignement parabolique en faisant parler le Christ en allégories; dans la réalité, il substitue inconsciemment l'allégorie alexandrine et philonienne à la parabole évang-élique. L'emploi de cette méthode, plus littéraire et savante qu'oratoire et populaire, fait que les interlocuteurs de Jésus nous semblent excusables de ne jamais comprendre ce qu'il leur dit. Dans la pensée de l'évangéliste, il n'en va pas de même : l'endurcissement des Juifs, la lenteur d'esprit des disciples sont des données traditionnelles qui sont exploitées au profit de la théologie johannique. L'enseignement du Christ est supposé profond, non obscur; il contient des vérités célestes sous des symboles terrestres ' ; ceux qui ne l'entendent pas ne sont pas de Dieu ^, et c'est le cas des Juifs ; ou bien ils ont encore besoin de l'Esprit qui leur apprendra toutes choses ^, et c'est le cas des disciples.
Toute l'économie des discours et l'artifice des dialogues reposent sur cette conception de la parabole à double sens. Chaque fois que le Christ johannique se met à enseigner, qu'il s'adresse à Nicodème, à la Samaritaine, à la masse des Juifs, ou bien à ses disciples, il commence par énoncer une proposition qui contient, sous une image sensible et symbolique, une vérité religieuse; l'auditeur se méprend sur la sig-nifîcation du symbole, qu'il interprète à la lettre ; au lieu de dissiper la confusion, Jésus poursuit le développement de son allég-orie, en sorte que ses interlocuteurs n'en savent pas plus, d'ordinaire, à la fin de l'entretien qu'au début; mais le lecteur a reçu toute l'instruction que l'évangéliste se proposait de lui donner.
Les déclarations de Jean-Baptiste sont conçues en termes figurés : « Voici l'agneau de Dieu, qui emporte le péché du monde... Quelqu'un vient derrière moi qui passe devant moi, parce qu'il était avant moi » Si on ne dit pas qu'elles aient donné lieu à fausse interprétation chez ceux qui les entendent, c'est que l'auteur ne se soucie pas de faire discuter par les Juifs le témoignage que Jean rend au Christ, Mais, dès la première rencontre du Sauveur avec les Juifs, l'allégorie et les malentendus qu'elle entraîne apparaissent avec les mots énigmatiques : « Détruisez ce temple, et je le rebâtirai en trois jours ^. » A la lettre, cette parole ne peut s'entendre que du temple de Jérusalem, et les Juifs le comprennent ainsi; mais ce n'est pas tout le sens du discours, et l'évangéliste observe que le temple dont il s'agit est le corps de Jésus. Le discours à Nicodème pré-