II
sente une instruction complète sur un sujet donné, la régénération de rhomme ou sa naissance spirituelle; en tant que conversation, il roule sur l'équivoque des mots « naître d'en haut », que Nicodème entend au sens matériel, comme « naître de nouveau », et sur le double sens du mot « esprit )), qui désigne le vent et Fêtre immatériel. Ces équivoques servent seulement à donner à l'enseignement johannique l'apparence d'un entretien qui aurait eu lieu entre le Christ et un membre considérable de la société hiérosolymitaine. Au fond, le discours n'est qu'une suite de symboles allégoriques recueillis de tous côtés par l'évangéliste et adaptés à sa doctrine : allégorie de la naissance nouvelle, figurant la communication de l'esprit divin ^ ; allégorie du vent, figurant l'action invisible de cet esprit sanctificateur ^; allégorie du Fils de l'homme descendant du ciel et y remontant, pour figurer l'incarnation du Verbe et la glorification de Jésus ^; allégorie des choses terrestres et des choses célestes, figurant l'élément sensible, extérieur, et l'élément spirituel, intime, de l'enseignement johannique ^* ; allégorie biblique du serpent d'airain, figurant le crucifiement^ et, dans l'exhaussement de Jésus en croix, l'exaltation de la gloire acquise par sa mort ^; allégorie du jugement, figurant la distinction des croyants élus et des incrédules réprouvés ^.
Dans le second témoignage de Jean-Baptiste, on trouve l'allégorie de l'époux et de son ami, d^ celui qui vient d'en haut et de celui qui est d'en bas pour figurer la subordination de Jean à l'égard du Christ. L'histoire de la Samaritaine présente une série d'équivoques sur l'eau vive, le mari de la Samaritaine ^, la nourriture du Sauveur ^, qui sont des allégories pour signifier le don de l'Esprit, l'illégitimité du culte samaritain^ le motif de la venue du Christ sur la terre et les sentiments qui l'ont animé dans l'accomplissement de sa mission. A la dernière de ces allégories vient s'ajouter celle du semeur et du moissonneur pour caractériser les rôles différents du Christ et des missionnaires chrétiens dans l'œuvre évangélique, La première partie du discours qui suit la guérison du paralytique est un développement allégorique sur l'œuvre