‹ Le quatrième évangileChapitre 718 sur 857 · ScHANz, loc. cit · texte numérisé non relu

ScHANz, loc. cit

FEg-lise chrétienne, en qui demeure, par son Esprit et ses sacrements, ^e Christ glorieux- et immortel. Les dernières paroles du Sauveur semblent se rapporter directement au apôtres, parce que la perspective historique le veut ainsi; mais les apôtres, dans cette conclusion comme dans le reste du discours, on pourrait dire de l'Évang-ile, représentent tous les fidèles. Dans leur personne, Jésus instruit l'Eg-lise et la recommande au Père; la distinction qui se fait, à un endroit de la prière, entre les disciples immédiats et les chrétiens de l'avenir, est indiquée aussi pour le maintien delà perspective, et, bien loin de contredire ce rapport symbolique, elle tend au contraire à le prouver, puisque tous les croyants, apôtres et non apôtres, font partie de la même unité mystique, édifiée dans la charité du Christ.

On appelle volontiers ce dernier chapitre des discours après la cène la prière sacerdotale du Christ. Cette désignation est peutêtre moins justifiée par l'idée de la mort expiatoire, qui n'y est pas exprimée en toute rigueur, que par le caractère d'oraison eucharistique du Christ, médiateur permanent entre Dieu et les chrétiens, et consacré comme tel par sa mort et sa résurrection. La théorie paulinienne du péché n'est pas au fond du quatrième Evangile ; le rôle du Christ johannique en tant que victime n'est pas conçu de la même façon que dans saint Paul ^, ni son rôle comme prêtre, de la même façon que dans l'Epître aux Hébreux ~. Mais le Christ ne laisse pas de s'y montrer victime et surtout prêtre.

Le développement de la prière est très régulier ; les répétitions qui s'y trouvent ne font pas obstacle à l'élévation générale du ton et des sentiments, et lui impriment un cachet de lenteur solennelle Dans la pensée de l'auteur, ce n'est pas une prière au sens absolu du mot, le Christ johannique n'étant pas obligé de prier, mais une instruction consolatrice et un modèle de supplication liturgiqvie. Il n'est pas nécessaire de prouver que l'évangéliste lui-même l'a composée sur le thème indiqué par les récits de l'institution eucharistique dans les premiers Evangiles ^, en utilisant beaucoup d'autres formules synoptiques concernant la mission des apôtres, les persécutions à

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