IV
INTRODUCTION
vivifiante du Père et du Fils, où il faut reconnaître la résurrection spirituelle sous des termes qui représentent la résurrection corporelle; la seconde partie ^ défend ce paradoxe, que les Juifs ne possèdent pas la parole de Dieu, qu'ils auront Moïse lui-même pour accusateur, en sousentendant qu'ils possèdent et observent seulement la lettre de la Loi, sans en pénétrer l'objet véritable qui est TEvangile du Christ.
Le discours sur le pain de vie présente les équivoques et les malentendus ordinaires; à travers ces méprises, qui corrigent un peu la monotonie des répétitions, l'évangéliste développe l'allégorie du pain de vie, qui est le Christ, nourriture de l'âme par la foi et dans l'eucharistie. Au commencement du chapitre vu, le temps qui n'est pas encore venu ^ est une parole à double sens, comme l'heure dans le récit des noces de Cana ^ ; en apparence, il s'agit du temps convenable pour l'action particulière dont on parle ; en réalité, il s'agit du temps fixé pour l'accomplissement de Tœuvre messianique, qui est figurée dans cette action. La controverse qu'on trouve dans le même chapitre, sur les preuves du Messie, porte sur le double sens du mot « père selon l'esprit et selon la chair, et sur celui des mots « venir » et « s'en aller » ^, que les Juifs entendent d'une origine terrestre et d'un voyage au loin, tandis que le Christ parle de son origine céleste et de son retour auprès du Père. Le symbole de l'eau vive y revient, complété par une parole prophétique dont Jésus se fait l'application et dont l'évangéliste croit utile d'indiquer le véritable objet. L'allégorie du Christ lumière apparaît, au commencement du chapitre vni, comme pour préparer l'histoire symbolique de l'aveugle-né, au chapitre IX ; la suite du chapitre vin contient une série de formules, décevantes pour les Juifs, significatives pour le lecteur, à savoir, les deux témoins qui sont le Christ et son Père ^, l'exaltation sur la croix et dans la gloire les fils de Dieu et les fils du diable ^, les rapports du Christ avec Abraham ^ ; après la guérison de l'aveugle, vient l'allégorie du bon pasteur qui se poursuit dans le discours que Jésus est censé tenir plusieurs mois après, à la fête de la Dédicace ; la conclusion du même