B. Weiss, 552; cf. Holtzmann
signification symbolique de son récit. Judas-Satan mène contre le Christ le judaïsme et la puissance romaine. On ne voit pas que les gens du sanhédrin soient plus spécialement chargés de l'arrestation de Jésus * que les soldats romains : étant donné le symbolisme de la narration, le contraire serait peut-être plus probable. Les satellites du sanhédrin sont les hommes de la police juive, les gardes du temple. La troupe armée porte des torches et des lanternes, selon l'usage des camps romains. Tel commentateur objecte que la pleine lune rendait cet éclairage inutile - ; tel autre répond qu'il y avait de l'ombre dans le jardin et qui sait si le ciel n'était pas nuageux? Jean tient surtout à ce que, nonobstant la parole de Jésus dans les Synoptiques, le Christ ne soit pas pris comme un voleur. Une foule sera présente, et la scène sera éclairée^ et le Sauveur sera pris seulement parce qu'il voudra se remettre aux mains de ceux qui viennent l'arrêter.
Les émissaires n'ont pas besoin de fouiller le jardin pour le trouver. Jésus, sachant tout ce qui devait lui arriver, c'est-à-dire que sa mort était imminente, qu'on venait pour se saisir de lui, que Judas et sa bande approchaient, sort, non pas peut-être du jardin mais de l'endroit où il s'était retiré avec ses disciples, et il se présente audevant de la foule armée en disant : « Qui cherchez-vous ? » Ces gens répondent : « Jésus de Nazareth ^ », ce qui suppose qu'ils ne connaissent pas celui qui leur parle, conformément au récit parallèle de Marc ^. Le trait est surprenant dans le quatrième Evangile, où les satellites du sanhédrin, qui ont vu cent fois Jésus dans le temple et qui ont même essayé souvent de l'arrêter, devraient le reconnaître sans peine à la lueur des torches. Mais il n'en était pas de même des soldats romains, qui sont au premier plan dans le récit. Le Christ dit simplement : « C'est moi », et toute la troupe, à commencer par Judas, qui la conduisait, recule et tombe par terre. La présence du traître est rappelée en cet endroit par une sorte de fidélité à la narration synoptique, et pour montrer dans sa personne l'impuissance du démon. C'est rationaliser ce passage que de ren-