‹ Le quatrième évangileChapitre 725 sur 857 · Marc, xiv · texte numérisé non relu

Marc, xiv

l'arrestation

verser avec Judas quelques satellites les plus rapprochés de Jésus, qui, saisis d'une terreur superstitieuse en voyant surgir inopinément devant eux le grand thaumaturge, seraient tombés les uns sur les autres en reculant devant lui K Jean n'a pas en vue un si petit incident, qui n'aurait rien de miraculeux.

La troupe est frappée d'impuissance devant le Christ, comme il est arrivé dans des circonstances antérieures 2 ; mais, parce que le moment est plus solennel, cette impuissance est signifiée par un prodige plus extraordinaire. L'armée de Satan est étendue devant le Sauveur par une seule parole de sa bouche. Il est vrai que cette parole : « Je suis 2 », doit signifier pour l'évangéliste autre chose que : « c'est moi » ; elle rappelle celui qui est ce qu'il dit être, qui est de Dieu, qui est Dieu ^. 11 ne faut pas chercher à metti*e le baiser de Judas en quelque endroit de ce tableau par exemple, avant la question : « Qui cherchez-vous? » Il est évident que l'on a changé tout exprès la mise en scène et substitué au signe donné par Judas l'initiative souveraine de Jésus. Il ne convient pas que le Christ johannique se laisse baiser par un traître^, un homme qui a Satan dans le cœur, et moins encore qu'un tel acte le livre à ses ennemis. Judas roulera par terre avec les autres, et si le Christ est pris, ce n'est pas qu'il ait été réellement victime de la trahison de son disciple, qu'il ait dû céder à la force armée que Judas conduisait, c'est parce qu'il a voulu accomplir la volonté du Père céleste en se livrant à ses bourreaux. Judas et sa troupe couchés devant Jésus figurent le triomphe définitif du Christ sur Satan et ses auxiliaires, l'Antéchrist, le monde persécuteur ^.

Toute la troupe donc est renversée, et il importe peu de* savoir ce que deviennent, dans cette bagarre, les torches et les lanternes. Jésus demande une seconde fois : « Qui cherchez-vous ? » non pas pour faire appel à la conscience ^ de Judas, qui est livré à Satan, ni à celle des soldats romains ou des satellites juifs, qui marchent par

Page 1