VIII
discours cache une définition de la divinité du Christ sous la formule *. « Si (TEcriture) appelle dieux ceux à qui la parole de Dieu est venue », le Christ pouvant bien se dire Fils de Dieu \ lui qui est la Parole incarnée.
On a déjà vu comment un mot de Caïphe ^ prend le caractère d'allégorie prophétique, bien que celui qui le prononce n'en ait pas le moindre soupçon. Les déclarations de Pilate concernant la royauté de Jésus ^, et les dénégations des Juifs ont de même un sens profond que l'évangéliste laisse deviner, parce que le caractère des personnes en cause ne permet pas de présenter leurs discours comme inspirés. D'ailleurs, les paroles de tous les personnages qui figurent dans les récits johanniques sont soumises, comme celles du Sauveur, à la loi de l'allégorie. Ce qui est vrai de Jean- Baptiste, de Caïphe, de Pilate, des Juifs dans l'histoire de la passion, est vrai de tous les interlocuteurs du Christ : des deux premiers disciples demandant à Jésus où il demeure ^ ; de Nathanaël s'étonnant que le Messie vienne de Nazareth de la mère de Jésus remarquant, avant le miracle de Cana, qu'il n'y a pas de vin ; des Juifs disant que le temple a été bâti en quarante-six ans ^ ; de Nicodème étonné qu'un vieillard puisse naître une seconde fois ^ ; de la Samaritaine comparant Jésus à Jacob, désirant l'eau vive, avouant qu'elle n'a pas de mari de Pierre proclamant que Jésus est le saint de Dieu ; des frères du Seigneur lui disant qu'il doit se manifester au monde ; de ceux qui observent qu'on ne doit pas savoir d'où est le Christ, et qu'il ne doit pas venir de Galilée, qu'ils ne savent pas d'où vient Jésus ni où il veut aller ; des Grecs qui veulent voir le Sauveur
Les discours après la cène ont le même caractère que les autres; on y trouve l'allégorie du départ pour signifier la mort, et celle du retour pour signifier la résurrection ; le martyre de Pierre annoncé dans les mots