‹ Le quatrième évangileChapitre 731 sur 857 · XI · texte numérisé non relu

XI

2. Voir, par exemple, les conjectures de Brandt, li8-12.j, qui suppose que l'évangéliste, ayant imaginé l'interrog-atoire devant Hanan, aurait découpé l'histoire du reniement pour masquer la suppression de l'interrogatoire devant Caïphe : comme si l'auteur du quatrième Evangile avait recours à ces petits moyens quand il transpose ou modifie les données synoptiques.

comme dans la vérité de l'histoire, Gaïphe seul est le grand-prêtre; d'après le contexte, le grand-prêtre serait Hanan, ce qui n'empêche pas le même Hanan d'envoyer Jésus à Gaïphe, le grand-prêtre. Pierre, qui se chauffait chez Hanan, se chauffe encore chez Gaïphe, devant le même brasier et dans la même compagnie; et si l'on veut que le narrateur, ayant conduit Jésus chez Gaïphe, revienne à Pierre chez Hanan, il aura contredit de la façon la plus flagrante, sans qu'on en puisse voir la raison, les trois Synoptiques, qui mettent les satellites, le brasier et le triple reniement chez le grand-prêtre \ c'est-à-dire chez Gaïphe. Ge n'est pas résoudre, c'est escamoter la difficulté que de loger Hanan et Gaïphe dans la même maison -, malgré le texte qui dit que Hanan (( envoya Jésus tout lié à Gaïphe le grand-prêtre ^ ». Une autre contradiction moins évidente, mais non moins importante, et dont on ne trouvera pas davantage l'explication didactique ou symbolique, existera par rapport à la scène de l'interrogatoire, qui se trouvera, dans le quatrième Evangile, avoir lieu chez Hanan, tandis que, selon les Synoptiques et la vraisemblance , elle a eu lieu chez Gaïphe. L'objet de l'interrogatoire, dit-on, n'est pas le même chez Jean que dans les Synoptiques Et l'on oublie que l'interrogatoire de Jésus par Pilate diffère au moins autant, dans le quatrième Evangile, de ce qu'il est dans les trois premiers. On admet une référence implicite ^ aux Synoptiques, dans l'endroit où il est dit que Hanan envoya Jésus chez Gaïphe; mais l'auteur du qualrième Evangile n'a pas coutume de se reporter ainsi à ses devanciers; si le texte est en bon ordre, le jugement chez Gaïphe est supprimé. La référence implicite n'est admissible que si le texte a été remanié volontairement, et si la transposition du verset où on croit la trouver a eu pour but de faire place au procès devant le sanhédrin, comme il est raconté dans les premiers Evangiles.

On objectera que l'arrangement de la version sinaïtiquepeut résulter d'une manipulation pratiquée en vue de remédier au désordre apparent du texte traditionnel, ou de le rapprocher des Synoptiques. Mais la dernière hypothèse expliquerait plus facilement encore

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