B. Weiss, 568; Sciianz
CHEZ LE GRAND-PRÊTRE. LE RENIEMENT DE PIERRE
discours après la cène, est conçu comme une allocution testamentaire, non comme un exposé doctrinal. Il n'est rien dit des disciples, et l'on conjecture que le Sauveur se sera tu à leur sujet pour ne pas les compromettre K Toutefois, dans le sens de la question, les disciples ne se distinguent pas nettement de la doctrine, et l'on ne demande pas à Jésus de dénoncer qui que ce soit ; on l'invite plutôt à s'expliquer sur le but qu'il poursuit en recrutant des adhérents, et sur la discipline qu'il leur impose, tous sujets qui sont connexes à celui de la doctrine. L'omission des disciples dans la réponse a donc pu se faire sans intention particulière.
L'écrivain répond, par la bouche de Jésus, à une objection que les païens, aussi bien que les Juifs, soulevaient contre le fondateur du christianisme, et cela en s'appuyant, au besoin, sur les Evangiles synoptiques : le prophète de Nazareth avait prêché dans un petit coin perdu de la Palestine et ne s'était fait reconnaître en qualité de Messie que par quelques Galiléens ignorants. A cette exagération l'auteur oppose la publicité du ministère de Jésus, tant en Galilée qu'à Jérusalem. Pour la forme, il semblerait que le Sauveur en appelle de l'accusation aux témoins 2. Mais aucune accusation n'a été formulée; il ne semble pas que l'évangéliste s'inquiète de la procédure, ni que la réponse du Christ vise directement à ruiner une comédie de jugement ^. Jean transporte le procès tout entier devant Pilate; il fait droit à la tradition synoptique en plaçant chez le grand-prêtre, au lieu d'un jugement, qui, dans la réalité, n'a pas eu lieu, une sorte dlnstruction préliminaire qui tourne à la confusion de celui qui la poursuit. La réponse que le Christ fait pour lui-même vaut pour le christianisme : les païens prétendent qu'il se cache et qu'il a honte de se montrer au jour; on fait à son sujet toutes sortes de suppositions injustes; rien pourtant ne serait plus facile que de connaître ce qu'il enseigne, ce qu'il veut et ce qu'il fait; car il ne se cache pas réellement et l'on n'aurait qu'à interroger ceux qui ont entendu et pratiqué les chrétiens. Ces déclarations remplacent et commentent, à leur façon, ce qu'on lit dans les Synoptiques sur les circonstances modestes et obscures de la prédication évangélique^, et sur le pro-