‹ Le quatrième évangileChapitre 740 sur 857 · Marc, xiv, 65; Mattii. xxvi, 67-68; Luc, xxiii · texte numérisé non relu

Marc, xiv, 65; Mattii. xxvi, 67-68; Luc, xxiii

6. Dans Ss., on lit simplement: « J'ai bien parlé. Pourquoi me frappestu ? » L'interprète a voulu abréf^er. Les commentateurs catholiques, depuis

CHEZ LE GRAND-PRÊTRE. LE RENIEMENT DE PIERRE

Christ a parlé selon la vérité et la justice, et que son agresseur, incapable de prouver le contraire, Ta gratuitement injurié. Mais le discours du Christ au valet serait trop solennel, si le valet n'était le représentant du judaïsme incrédule et meurtrier du Christ.

Le récit ne va pas plus loin. L'interrogatoire n'a donné aucun résultat. Les Juifs n'auront pas d'accusation valable à porter devant Pilate, et ils vont être obligés d'en inventer, de mentir. Il n'est pas question de jugement prononcé par le sanhédrin, sous la présidence de Caïphe. Pilate seul jugera, sur la dénonciation calomnieuse des Juifs. Tout se passe comme dans les persécutions chrétiennes, et ce ne doit pas être par souci de la vérité historique, mais pour signifier leur attitude générale envers l'Eglise, que Fauteur n'attribue pas aux Juifs, dans le jugement du Christ, d'autre rôle que celui de dénonciateurs. Pour la perspective, les Juifs ne peuvent pas condamner Jésus à mort selon la Loi, et c'est ce qui les oblige de remettre le jugement à Pilate. Cette circonstance, Jean le remarquera plus loin, fera que Jésus, au lieu d'être lapidé, selon la loi de Moïse, sera crucifié, selon la loi romaine, ainsi qu'il l'avait prédit.

XVIII, 16. Cependant Pierre se tenait dehors, près de la porte. Alors cet autre disciple, qui était connu du grand-prêtre, sortit, il parla à la portière et il fit entrer Pierre. 17. Alors (cette) fille qui gardait la porte, lui dit : « N'es-tu pas, toi aussi, des disciples de cet homme? » Il dit : « Je n'en suis pas. » 18. Et il y avait là les serviteurs et les valets, qui avaient arrangé un brasier, parce qu'il faisait froid, et qui se chauffaient ; et Pierre aussi était avec eux et se chauffait. 25 h. Ils lui dirent donc : « Toi aussi, n'es-tu pas de ses disciples? » Il (le) nia et dit : « Je n'en suis pas. » 26. Un des serviteurs du grand-prêtre, qui était parent de celui à qui Pierre avait coupé l'oreille, dit : « Ne t'ai-je pas vu dans le jardin avec lui? ». 27. Alors Pierre nia de nouveau, et aussitôt le coq chanta.

Cependant, Pierre était resté dans la rue, à la porte de la maison du grand-prêtre. L'interrogatoire du Sauveur s'étant terminé assez

s. Augustin, se demandent pourquoi Jésus ne tend pas l'autre joue, comme lui-même le prescrit à ses disciples dans Mattu. v, 39, ScuANZi loc. cit., dit que ce passage de Matthieu ne règle pas l'attitude du chrétien devant les juges. La vraie raison est que le Christ johannique ne condescend pas à subir tout ce que le Christ de l'histoire a enduré, conformément à Matth. V, 39, dans la scène décrite Marc, xrv, 65, supr. cit.

promptement et à sa gloire, le disciple qui y avait assisté se retire. On doit supposer que Jésus, en attendant le lever du jour, demeure enfermé quelque part, sous la garde des satellites, et que le disciple ne pouvait être auprès de lui. Il sort donc et retrouve Pierre dehors. Inutile de chercher si l'apôtre lui a demandé de le faire entrer, et pourquoi le disciple qui l'introduit ne reste pas lui-même- Il faut que Pierre entre dans la cour du grand-prêtre, pour que la prophétie du reniement s'accomplisse. Grâce à ses relations avec le grand-prêtre, le disciple avait un certain crédit dans la maison ; il dit un mot à la portière et il fait entrer Pierre. Il ne semble pas qu'il soit rentré lui-même avec l'apôtre. La portière, bavarde, interpelle Pierre au passage : « N'es-tu pas, toi aussi, des disciples de cet homme? » Sait-elle que l'introducteur de Pierre est disciple de Jésus, ou bien le « toi aussi » n'est-il qu'un écho des Synoptiques ^? La seconde hypothèse paraît plus probable. Pierre répond :.« Je n'en suis pas. » Les Synoptiques font intervenir une servante; Jean, qui a laissé Pierre dehors, et qui a besoin maintenant de l'introduire, fait de cette servante une portière, sans se demander si l'usage réclamait plutôt un homme qu'une femme à la porte de Caïphe Il n'a pas songé non plus que, si le disciple n'est pas compromis par ses relations avec Jésus, Pierre ne doit pas l'être davantage et renie le Christ sans motif ^.

Les valets et satellites qui avaient arrêté Jésus étaient dans la cour et avaient allumé un brasier pour se chauffer, parce que la nuit était fraîche. Pierre s'approche d'eux, pour se chauffer aussi. Les gens du grand-prêtre lui font la même question que la portière ^, et il répond encore : « Je n'en suis pas ». Un des serviteurs, parent de ce Malchus à qui Pierre avait coupé l'oreille, insiste en disant : « Ne t'ai-je pas vu dans le jardin avec lui? » Ce témoin dangereux paraît sûr de son fait. Pierre nie encore une fois,

1. Marc, xiv, 67; Matth. xxvi, 69. Noter que les satellites, dans Jean, xviii, 25, disent pareillement : « toi aussi ».

2. Ss. parle de « portier» et de « servante du portier », soit par une méprise du traducteur, soit pour avoir pensé, d'après la coutume, que Caïphe devait avoir un portier et non une portière. Le texte ordinaire des vv. 16-18 est à maintenir et à faire suivre du v. 25 A : sItiov oùv aùxô xxX.

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