Cf. XVIII, 28 et xix
3. V. 28. '.'va [j.}] [j.iavO(oatv àXXà cpayfDatv xô Tiàaya. Ss, : « Pour ne pas se souiller pondant qu'ils mangeaient les azymes. » Sur la tendance harmonistique de cette leçon (Rkscii. IV, 181), cf. siipr. p. 831, n. 1.
LE CHRIST ET PILATE
L'impureté qu'un Israélite pouvait contracter en entrant dans une maison païenne n'était pas déterminée par la Loi, mais par la tradition. Cette impureté n'était pas de celles qui pouvaient être effacées dans la journée K On remarquera que l'évangéliste songe à justifier les allées et venues de Pilate, qui lui permettent de supposer, entre le gouverneur et le Christ, des entretiens particuliers qui n'ont pas eu de témoins : à celte fin, il mène Jésus dans le prétoire et retient les Juifs dans la rue. Il ne dit pas qui a fait entrer Jésus chez le gouverneur , et les interprètes ont recours aux soldats romains dont on n'avait pas entendu parler depuis la visite à Hanan. Pilate est censé sortir de sa maison pour condescendre aux scrupules religieux des Juifs. En fait, d'après la loi romaine, les jugements devaient être publics et se rendaient en plein air. Jean lui-même suppose que le tribunal de Pilate était devant le palais, sur une sorte de place ouverte, où la foule s'est tenue pendant le procès. Selon l'ordre naturel des choses, il n'y avait pas lieu d'introduire Jésus chez Pilate, et les Juifs n'avaient pas besoin d'y pénétrer ; le gouverneur devait sortir de sa maison et s'installera son tribunal pour examiner la cause. La mise en scène du jugement est donc dominée par une préoccupation didactique, et il faut chercher de ce côté la solution des difficultés que les détails du récit peuvent présenter au point de vue de l'histoire. Pour mettre en plus grand relief les instructions qu'il veut donner à son lecteur et les exposer plus facilement, le narrateur partage son théâtre en deux compartiments, l'intérieur du prétoire et la place publique ; le gouverneur ira de l'un à l'autre, et l'on verra se succéder une série de petits tableaux où figureront alternativement Jésus avec Pilate, Pilate avec les Juifs, sans préjudice des grandes scènes où Pilate présentera le Christ aux Juifs.
Le premier tableau met en présence le procurateur et les Juifs qui ont amené Jésus. Pilate vient les trouver dehors et leur dit : « Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? » C'est le début régulier du procès. Mais la question donne à entendre que Pilate, ici comme dans les Synoptiques, ne sait rien de l'alVaire. La cohorte
1. L'entrée dans une maison régulièrement habitée par des païens créait une impureté d'une semaine. Cf. Scuanz, 544.