‹ Le quatrième évangileChapitre 744 sur 857 · La plupart des commentateurs · texte numérisé non relu

La plupart des commentateurs

LE CHRIST ET PILATE

permis de faire mourir personne K » Cette parole ne signifie pas que le sanhédrin n'a pas le droit de faire exécuter les sentences capitales sans la ratification du g-ouverneur, mais que l'autorité juive n'a même pas le droit d'en porter.

Nonobstant le bon vouloir des commentateurs, Jean ne se met pas en tace de Fétat légal qui existait avant la révolte des Juifs, et où la Loi mosaïque était placée en quelque sorte sous la protection de la loi romaine ; il parle conformément à la situation des temps postérieurs à la ruine de Jérusalem, où la juridiction du sanhédrin a disparu, où les Juifs sont soumis au droit commun, et, tout en gardant la police de leurs synagogues, n'ont pas de tribunaux dont les jugements aient une valeur quelconque. Dans la combinaison qui a la faveur des exégètes, la conduite des ennemis de Jésus serait inexplicable : ils n'avaient qu'à faire valoir la légalité, au point de vue juif, de la sentence rendue par le sanhédrin. S'ils ne parlent même pas de cette sentence, et s'ils veulent que Pilate juge lui-même, c'est que Pilate seul peut porter le jugement qu'ils désirent et le faire exécuter. Dans les Synoptiques ' aussi, Pilate est juge et instruit le procès de Jésus ; il ne se borne pas à confirmer l'arrêt du sanhédrin, dont il n'est pas même fait mention dans le débat.

La clef de ce premier dialogue entre le procurateur et les Juifs est contenue dans la remarque : « C'était afin que fût accomplie la parole de Jésus, qu'il avait dite pour signifier de quelle mort il devait mourir. » Jésus ne pouvait mourir sur la croix, « élevé de terre ^ que s'il était condamné par l'autorité romaine. C'est pourquoi il a échappé à ses ennemis, par la vertu de sa divinité, toutes les fois qu'on a voulu le lapider ; les événements ont été conduits de telle sorte que les Juifs ne croient pas pouvoir se dispenser d'un jugement régulier; et comme ils n'auraient pas la faculté de le mettre à mort, s'ils le jugeaient eux-mêmes, ils le défèrent au tribunal de Pilate. Ils servent ainsi d'instrument providentiel et involontaire à l'accomplissement d'une prophétie, et le supplice de la croix, qui semblait jeter une honte particulière sur le trépas du Sauveur, tourne maintenant à sa gloire, ce genre de

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