m, 14; vin, 28; xii
mort étant ce que lui-même avait prédit. 11 n'est pas nécessaire d'observer que ni les Juifs ni Pilate n'auraient eu besoin qu'on leur rappelât l'état de la législation : il faut chercher dans ces récits et ces discours le but que l'auteur poursuit, non des renseignements particuliers sur l'histoire de la passion.
xvin. 33. Pilate alors rentra dans le prétoire, il appela Jésus et lui dit : (( Tu es le roi des Juifs ? » 34. Jésus répondit : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien d'autres te l'ont-ils dit de moi ? »35. Pilate répondit : « Est-ce que je suis Juif, moi ? Ceux de ta nation et les chefs des prêtres t'ont livré à moi : qu'as-tu fait? » 36. Jésus répondit : « Ma royauté n'est pas de ce monde. Si ma royauté était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour que je ne fusse pas livré aux Juifs. Mais ma royauté n'est point d'ici. » 37. Alors Pilate lui dit : « Donc tu es roi ? » Jésus répondit : « Tu l'as dit, je suis roi. Ce pourquoi je suis né, ce pourquoi je suis venu dans le monde, c'est pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. » 38. Pilate lui dit : « Qu'est-ce que la vérité? »
Jésus était resté dans le prétoire, pendant que Pilate prenait connaissance de l'accusation. Le gouverneur rentre pour l'interroger. Il est tout à fait anormal et que l'accusation soit formulée hors de la présence de l'inculpé, et que celui-ci soit interrogé sans témoin, hors de la présence des accusateurs. On sait les raisons qui ont suggéré cet arrangement au narrateur. Jésus fera devant Pilate certaines déclarations importantes qui n'auraient pu être prononcées en public sans choquer la vraisemblance ni sans contredire trop ouvertement les Synoptiques, d'après lesquels Jésus, ayant répondu affirmativement à la question : « Es-tu le roi des Juifs? » ne dit plus rien à Pilate Mais l'interrogatoire est public, dans les trois premiers Evangiles, comme il a dû l'être dans la réalité. En ménageant des interrogatoires secrets dont il saura tirer parti pour la doctrine, Jean permet de croire que son récit est conciliable avec celui de ses devanciers.
La demande : « Tu es le roi des Juifs ? » suppose que les accusateurs, après avoir rappelé à Pilate qu'ils n'avaient pas le droit de condamner à mort, ont déposé leur plainte, incriminant Jésus de prétentions messianiques, qu'ils transformaient en prétentions à la royauté d'Israël. Ce point est censé aller de soi, et l'évangéliste