‹ Le quatrième évangileChapitre 748 sur 857 · Cf., pour la forme du discours, Mattii. xxvi · texte numérisé non relu

Cf., pour la forme du discours, Mattii. xxvi

A. LoisY. — Le quatrième Évangile. 54

l'éclairer. 11 aurait mieux aimé que Jésus niât Taccusation. « Donc tu es roi » lui dit-il. Les commentateurs croient discerner dans cette remarque une nuance de mépris qui probablement n y est pas. Le discours de Pilate témoigne avant tout de la surprise. S'il exprimait le moindre sentiment de dédain, le Christ johannique n'y répondrait pas. Et Jésus répond : u Tu l'as dit, je suis roi 2. » Mais il s'agit d'une royauté transcendante, dont l'idée n'est pas mieux saisie par Pilate que celle de la régénération spirituelle ne Ta été par Nicodème, et celle du pain de vie par les Juifs de Galilée ; seulement Pilate ne se scandalisera pas des choses qu'il ne peut entendre. « Ce pourquoi je suis né, ce pourquoi je suis venu dans le monde, c'est pour rendre témoignage k la vérité; quiconque est de la vérité écoute ma voix » La naissance du Christ n'est pas autre chose que son incarnation, et sa venue est sa manifestion au monde, celle-ci étant la conséquence de celle-là. Il n'est pas téméraire de voir dans ce passage une référence implicite à l'endroit du prologue où il est dit que le Christ (( est né de Dieu ^ » et que « nous avons vu sa gloire ^ ». L'Evangile ne parle pas de la « naissance » éternelle du Verbe, et ce n'est pas à raison de son origine céleste, mais par l'effet de son incarnation, que le Verbe rend témoignage à la vérité sur la terre. Cette vérité que le Christ apporte au monde est la vérité divine, spirituelle, salutaire la connaissance réelle de ce monde supérieur d'où vient le Christ, au fond la révélation de l'être et de la volonté de Dieu et la manifestation du Christ lui-même ^. Elle est comprise de tous ceux qui sont « de la vérité >), c'està-dire de tous ceux dont on a dit plus haut qu'ils étaient « de Dieu 9 », de ceux qui, prédestinés par le Père céleste à la connais-

1. V 37. où/.ouv [BaatXsùç el au; Il ne faut pas lire ouxouv, qui donnerait un sens que contredit le contexte : (( Tu n'es donc pas roi? »

2. V. 37. au Xé^si; oxi [BaaiXsuç eîtjLi. Cf. Marc, xv, 2, et parallèles.

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